La FCC sous l'administration Trump intensifie sa pression sur les médias américains
L'administration Trump renforce son contrôle sur les médias américains, avec une mise en garde sévère de Brendan Carr, président de la commission fédérale des communications (FCC). Samedi 14 mars, il a menacé les diffuseurs sur X, déclarant que les chaînes de télévision diffusant des canulars ou des informations déformées doivent rectifier le tir avant le renouvellement de leur licence. La loi exige que les diffuseurs agissent dans l'intérêt public, sous peine de perdre leur autorisation, a-t-il affirmé, dans un contexte où Donald Trump a récemment attaqué le New York Times et le Wall Street Journal sur Truth Social, les qualifiant de "médias de la désinformation" pour leur couverture du conflit en Iran.
Un mandat aligné sur les priorités de Trump
La FCC, conçue comme une entité indépendante, s'est transformée sous la direction de Carr pour servir les intérêts du président américain. Nommé commissaire en 2017, Carr a promu la dérégulation, notamment en réduisant les restrictions pour l'installation d'équipements 5G et en votant pour la fin de la neutralité du Net. Un collaborateur républicain typique, selon une démocrate citée par The Atlantic, son approche a évolué vers un radicalisme accru à partir de 2020.
Le "guerrier de la liberté d'expression" selon Trump
En 2020, Carr a accusé les réseaux sociaux de biais contre la campagne de Trump, défendant la clarification de l'article 230 du Communications Decency Act pour protéger les conservateurs. Avec le retour de Trump dans la course présidentielle, il a endossé des propositions du Project 2025 visant à réformer la FCC pour soutenir une diversité de points de vue, ciblant explicitement les entreprises tech comme Facebook et Google. Sur X, en novembre 2024, il a appelé à démanteler le "cartel de la censure" et restaurer la liberté d'expression.
Actions coercitives et cas emblématiques
Une fois Trump réélu, Carr a été nommé à la tête de la FCC et a lancé des enquêtes sur des médias comme NPR, PBS, et l'émission 60 Minutes de CBS. En octobre 2025, il a obtenu la suspension temporaire de Jimmy Kimmel par ABC après des critiques politiques, menaçant de sanctions financières ou de retrait de licences. Ces actions ont suscité des critiques même parmi les républicains, avec des inquiétudes sur l'ingérence gouvernementale qui dissuade les diffuseurs de s'exprimer librement.
Réactions et bras de fer en cours
Face aux avertissements de Carr sur la couverture de l'Iran, des voix s'élèvent pour dénoncer son approche. Gavin Newsom, gouverneur démocrate de Californie, a qualifié cela d'anticonstitutionnel, tandis que Will Caley de la Fondation pour les droits individuels a parlé d'un avertissement autoritaire scandaleux. Mark Thompson, PDG de CNN, a réaffirmé l'engagement de sa chaîne à dire la vérité malgré les pressions. Le bras de fer entre la FCC et les médias traditionnels semble destiné à durer, avec des implications profondes pour la liberté de la presse aux États-Unis.



