La commission enquête sur les accusations de Dati contre France 2
Enquête sur les accusations de Dati contre France 2

La commission d'enquête sur l'audiovisuel public exige des preuves de Rachida Dati

Jeudi, la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public a pris une décision cruciale en demandant à la ministre de la Culture, Rachida Dati, de transmettre les documents qui étayent ses accusations graves portées contre le magazine Complément d'enquête de France 2. Cette initiative, orchestrée par son président Jérémie Patrier-Leitus, vise à clarifier des déclarations contradictoires faites sous serment devant les députés, avec la possibilité d'une saisine de la justice en cas de suspicion de parjure.

Les accusations de la ministre de la Culture

Lors de son audition du 5 février 2025, Rachida Dati a affirmé avec force que l'émission qui lui était consacrée avait donné lieu à une tentative de paiement indirect. « Ils ont proposé, via un tiers, auprès d'un membre de ma famille, de pouvoir le payer » pour obtenir des informations la concernant, a-t-elle déclaré. Elle a ajouté : « Il y a eu des échanges », et a précisé détenir les coordonnées de ce tiers, renforçant ainsi la gravité de ses allégations.

La réponse catégorique des responsables de Complément d'enquête

Auditionnés à leur tour jeudi, les responsables du magazine ont fermement contesté ces accusations. Le présentateur Tristan Waleckx a assuré : « Nous n'avons évidemment pas donné d'argent ou proposé d'argent à quiconque dans l'entourage de Mme Dati, fût-ce par un tiers ». De son côté, le journaliste Louis Milano-Dupont, auteur du reportage diffusé en 2025, a affirmé : « Jamais je n'ai monnayé un témoignage, ni même tenté de monnayer un témoignage. C'est contraire aux règles déontologiques les plus élémentaires », niant également avoir fait appel à un intermédiaire.

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Un courriel contradictoire et des demandes de preuves

Louis Milano-Dupont a également indiqué avoir reçu un courriel « d'un proche de Mme Dati », qui se reconnaissait dans les propos tenus par la ministre devant la commission et affirmait qu'aucune proposition d'argent ne lui avait été faite. Ce document doit être transmis aux députés. Avec l'accord du rapporteur Charles Alloncle (UDR), Jérémie Patrier-Leitus a annoncé qu'il demanderait parallèlement à la ministre de « transmettre les documents dont elle a connaissance et qu'elle a en sa possession », soulignant l'urgence de cette démarche pour éclaircir la situation.

Cette affaire met en lumière des tensions persistantes au sein de l'audiovisuel public et soulève des questions sur l'intégrité des déclarations sous serment, avec des implications potentielles pour la justice si des fausses déclarations sont avérées.

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