Le chanteur Dominique a annoncé qu'il ne jouera plus à l'Olympia ni au Casino de Paris, deux salles emblématiques de la capitale désormais propriétés de Vincent Bolloré. Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, l'artiste explique vouloir protester contre l'influence croissante du milliardaire breton sur le paysage culturel français.
Une décision politique et artistique
Dominique justifie son choix par la volonté de ne pas cautionner un modèle économique et idéologique qu'il juge néfaste pour la diversité culturelle. "Je ne peux pas chanter dans des salles qui appartiennent à un homme dont les médias verrouillent le débat public et imposent une vision réactionnaire de la société", écrit-il. L'artiste rejoint ainsi d'autres figures du monde du spectacle, comme le comédien et metteur en scène Thomas Jolly, qui avaient déjà exprimé leur réticence à se produire dans ces lieux.
Un geste symbolique fort
Le chanteur, connu pour son engagement politique, espère que cette décision incitera d'autres artistes à réfléchir à l'impact de leurs choix de lieux de représentation. "Il est temps de prendre position, non pas contre le public, mais contre un système qui privatise la culture et la transforme en marchandise", ajoute-t-il. Dominique précise qu'il continuera à se produire dans d'autres salles parisiennes et en tournée, mais qu'il refuse désormais de contribuer au rayonnement des établissements du groupe Bolloré.
Vincent Bolloré, à la tête du groupe Vivendi, possède également la chaîne C8 et le journal Le Point. Ses détracteurs l'accusent d'utiliser ses médias pour promouvoir une ligne éditoriale conservatrice et de restreindre la liberté d'expression. L'annonce de Dominique intervient alors que plusieurs associations de défense de la liberté de la presse alertent sur la concentration des médias entre les mains de quelques milliardaires.
L'Olympia et le Casino de Paris, acquis par le groupe Bolloré en 2021, continuent d'accueillir de nombreux artistes de renom. Interrogé par Libération, un porte-parole du groupe Vivendi n'a pas souhaité commenter cette décision, se contentant de rappeler que "les salles sont ouvertes à tous les artistes et à tous les publics".



