CNews et LFI : la polémique raciste qui révèle un face-à-face médiatique orchestré
CNews et LFI : polémique raciste révélant un face-à-face médiatique

Une polémique raciste qui dépasse le simple débat politique

Les récentes déclarations de deux figures médiatiques sur la chaîne CNews ont provoqué un véritable séisme dans le paysage politique et médiatique français. Michel Onfray, se présentant comme philosophe, a assimilé Bally Bagayoko, le maire La France insoumise de Saint-Denis d'origine malienne, à un "mâle dominant" de "tribu primitive". De son côté, le psychologue Jean Doridot a jugé nécessaire de rappeler que "nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes" pour analyser l'installation de l'édile à la mairie.

Le choix des mots comme révélateur d'une vision du monde

Ces propos ont immédiatement été dénoncés comme racistes par de nombreux observateurs. Pourtant, il existe une multitude d'expressions politiques et démocratiques pour critiquer La France insoumise et ses membres sans recourir à des analogies zoologiques ou à des références coloniales. Le choix des mots n'est jamais neutre : il constitue déjà une interprétation du monde, et celui opéré par ces deux intervenants habituels de CNews est sans équivoque.

Une plainte déposée et une demande historique

En réponse à ces attaques, Bally Bagayoko a déposé plainte pour "injures publiques en raison de l'ethnie, la nation, ou la religion" et pour "diffamation". Une enquête a été ouverte par les autorités judiciaires. Mais l'édile dionysien est allé plus loin : il a réclamé la fermeture pure et simple de la chaîne CNews. "Est-ce que nous sommes obligés d'avoir une offre médiatique avec des chaînes racistes comme CNews et d'autres ? Moi je dit que non", a-t-il déclaré à l'AFP.

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L'escalade d'un face-à-face médiatique calculé

Cette séquence vient parfaire la réputation polémique de CNews, mais elle s'inscrit aussi dans un contexte plus large de confrontation entre La France insoumise et ce que certains appellent le "corollaire médiatique de l'extrême droite". L'année dernière, un cadre du mouvement insoumis admettait sous cape préférer répondre aux interviews sur les ondes de Vincent Bolloré plutôt que sur celles du "service public hypocrite".

Une stratégie de confrontation assumée

Cette préférence révèle une stratégie délibérée : mettre en scène un face-à-face souhaité avec l'extrême droite par le biais de son relais médiatique. Jusqu'à présent, La France insoumise s'était contentée d'effectuer des signalements à l'Arcom, l'autorité de régulation des médias. La demande de fermeture formulée par Bagayoko marque donc un tournant significatif : fini de jouer.

L'indépendance langagière et politique de Bally Bagayoko

L'ancien cadre à la RATP et professeur de basket, connu pour son verbe calme et sa proximité avec le siège de LFI où il était rapporteur du "livret sport", cultive depuis son élection une forme d'indépendance à l'égard de sa formation politique. Cette indépendance se manifeste d'abord sur le plan langagier : il conteste le terme "racisé", pourtant répandu dans les cercles mélenchonistes, lui préférant celui "d'héritier de l'immigration".

Une divergence politique sur la sécurité

Mais cette indépendance est aussi politique. L'édile a annoncé entrer dans "un processus de désarmement" de la police municipale de Saint-Denis, en commençant par le retrait des lanceurs de balles de défense (LBD). Cette promesse de campagne lui avait valu les attaques de son concurrent socialiste, Mathieu Hanotin, qui affirmait : "Sur le terrain, il y a une mobilisation d'un certain nombre de voyous qui ne se cachent pas de voter LFI pour, je cite, en finir avec la 'mumu' [police municipale]".

Une position nuancée sur le désarmement

Pourtant, Bagayoko nuance désormais sa position. "Les policiers municipaux auront potentiellement encore des armes à feu d'ici à la fin de mon mandat", a-t-il déclaré sur France Inter. Une formulation qui n'est pas tout à fait en phase avec l'objectif de désarmement complet de la police municipale fixé par la formation mélenchoniste, révélant ainsi les tensions entre ligne politique nationale et réalités locales de gouvernance.

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