Broad Maker, le phénomène du bricolage sur les réseaux sociaux
Le volet métallique du garage s'élève lentement, dévoilant la silhouette vêtue de bleu de Quentin, plus connu sous le pseudonyme Broad Maker. Bienvenue dans l'antre de ce créateur de contenu qui cumule pas moins de 365 000 abonnés sur Instagram. Son atelier, niché entre les quartiers Saint-Michel et de la Victoire à Bordeaux, sert à la fois d'espace de travail et de studio de tournage.
Des débuts modestes à une audience impressionnante
Celui qui se décrit humblement comme un "bricoleur du dimanche" a commencé son aventure vidéo en 2022. "Je fais des erreurs pour les autres", résume ce Tourangeau installé à Bordeaux depuis une décennie. Tout a démarré alors qu'il rénovait un petit appartement de 20 mètres carrés avec sa compagne. "Je me suis filmé pour documenter le projet, montrer à la famille et aux amis", se souvient le bricoleur de 33 ans.
Malgré ses réticences initiales - "quand on n'a pas l'habitude de se filmer, on passe un peu pour un idiot" - il publie sa première vidéo. Les semaines passent, et les centaines de vues se transforment en milliers, puis en centaines de milliers. "Là, j'ai pris le truc encore plus au sérieux", confie-t-il. Cette première rénovation durera huit mois et donnera naissance à une douzaine de vidéos.
Une formule qui séduit les abonnés
Après un voyage d'un an en Asie, Quentin reprend son activité en 2024 et décide de basculer sur Instagram et TikTok. Sur ses comptes, il teste notamment des astuces de bricolage dénichées sur internet, avec un franc-parler sur leur efficacité réelle. "Souvent, ce sont mes abonnés qui m'envoient les 'tips' à vérifier", révèle le trentenaire.
Le créateur a développé sa propre signature avec l'expression "pétard à mèche", empruntée à un ancien collègue. "Je bossais dans une entreprise qui faisait des sièges haut de gamme pour joueurs de jeux vidéo. Et mon collègue avait cette expression, qui me faisait rire. Je l'ai emprunté, avec son autorisation".
Une activité qui devient professionnelle
Aujourd'hui, Quentin commence à pouvoir vivre de son activité grâce à des partenariats avec des marques de matériel. "On est très sollicités", explique-t-il, tout en précisant qu'un "gros tri est réalisé" avec l'agence qui l'accompagne. "La dernière fois, j'ai reçu une proposition par une marque de déodorant. Je comprends qu'on transpire pendant les travaux... mais quand même", sourit-il.
Des projets d'avenir ambitieux
Le créateur n'est pas en reste d'idées pour développer son activité. Il s'est inscrit à La Planche, un tiers-lieu spécialisé dans le travail du bois, avec l'ambition de "partir de la matière brute pour fabriquer sa propre table". Il projette également des travaux dans son atelier, qu'il loue à une amie depuis deux ans.
"L'endroit a une histoire. Apparemment, il a servi à la fabrication des capes pour les pervenches, qui étaient chargées de dresser les amendes. On a retrouvé des machines à découper du tissu", raconte-t-il avec fascination. Le trentenaire prévoit d'isoler thermiquement et phoniquement les lieux, une transformation qu'il documentera certainement en vidéo, "pas seulement pour garder une trace".
Avec son approche authentique et son humour décalé, Broad Maker continue de séduire une audience toujours plus large, prouvant que le bricolage peut devenir un véritable phénomène sur les réseaux sociaux.



