Bolloré devant les députés : 'Le problème de l'audiovisuel public, ce sont les coûts, pas les contenus'
Bolloré : 'L'audiovisuel public coûte 4 milliards, c'est un problème de gestion'

Bolloré dénonce les coûts de l'audiovisuel public devant les députés

Le milliardaire Vincent Bolloré a estimé, mardi 24 mars 2026, devant la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale, que le principal problème de l'audiovisuel public réside dans ses coûts et non dans ses contenus. En sa qualité d'actionnaire du groupe de production Banijay via Vivendi, l'homme d'affaires conservateur a pointé du doigt des 'pertes' de 4 milliards d'euros pour l'État, un montant qu'il juge considérable dans un contexte économique difficile pour la France.

Des dépenses 'ni contrôlées ni maîtrisées'

'À mon avis, les coûts viennent pour l'essentiel de dépenses qui ne sont ni contrôlées ni maîtrisées', a déclaré Vincent Bolloré, âgé de 73 ans. Interrogé par le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, sur les accusations de partialité politique souvent portées contre le service public, le milliardaire a éludé la question idéologique pour se concentrer sur l'aspect financier. 'Je pense qu'on n'a rien à reprocher au service public, ni le glorifier. Le problème, c'est les 4 milliards de pertes, les 4 milliards de coûts', a-t-il répondu, en référence au budget global de France Télévisions et Radio France.

Un parallèle avec la situation de Canal+

Vincent Bolloré, actionnaire de référence du groupe Canal+ (dont fait partie la chaîne CNews), a établi un parallèle entre la situation actuelle de l'audiovisuel public et celle de Canal+ à son arrivée en 2014. Il a décrit 'une petite caste qui faisait la fête', entre Festival de Cannes et matches de football, avec des pertes de 400 à 500 millions d'euros. 'N'ayant pas les poches profondes de l'État, c'était mon devoir fiduciaire de corriger cette affaire', a-t-il affirmé, suggérant que des mesures similaires pourraient être appliquées au service public.

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Un 'problème de gestion' pointé du doigt

Le milliardaire a insisté sur ce qu'il qualifie de 'problème de gestion', en référence notamment à la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte Cunci. 'Je ne vois pas pourquoi TF1 gagnerait de l'argent, M6 gagnerait de l'argent et le service public ne gagnerait pas d'argent' alors que tous font 'la même chose', a-t-il argumenté. Il a également nuancé sa critique en ajoutant : 'C'est peut-être la faute de l'État aussi', reconnaissant une responsabilité partagée dans la situation.

Face aux questions sur l'emploi du terme 'pertes' pour désigner un budget, Vincent Bolloré a maintenu sa position : 'pertes, c'est ce que ça coûte à l'État'. Il a conclu son intervention en lançant : 'gardons le service public et faisons qu'il ne coûte pas 4 milliards', appelant ainsi à une réforme en profondeur de la gestion financière du secteur sans remettre en cause son existence.

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