Un violent clash a opposé deux experts internationaux sur le plateau de BFMTV, vendredi dernier, lors d'une édition spéciale consacrée au conflit en Iran. Le correspondant de RFI et France 24 à Téhéran, Siavosh Ghazi, a vivement contesté les chiffres avancés par Sergueï Jirnov, ancien officier du renseignement du KGB, qu'il accuse de diffuser des informations non vérifiées et mensongères.
Des accusations de désinformation en direct
En duplex depuis Téhéran, Siavosh Ghazi, seul journaliste français (hors AFP) basé en Iran, a interrompu le débat pour dénoncer des affirmations qu'il juge infondées. « Je voudrais intervenir sur des déclarations qui sont faites à l'antenne », a-t-il déclaré, avant de lancer une série de questions : « Quelles sont les sources des gens qui affirment qu'il y a 40 % d'Iraniens au chômage ? Quelles sont les sources de ceux qui disent que l'Iran a une dette de 200 milliards de dollars ? Quelles sont les sources de ceux qui prétendent que l'Iran est au bord de l'effondrement et que la population va se soulever contre le pouvoir ? » Des affirmations qu'il a qualifiées d'« inacceptables ».
Jirnov se défend et nie
Interrogé par la journaliste Paola Puerari sur l'origine de ses données, Sergueï Jirnov a répondu qu'il suffisait de consulter « les données statistiques publiées », notamment sur le cours du rial, la monnaie iranienne. Une explication qui n'a pas convaincu Siavosh Ghazi. « Donnez vos sources, si vous n'avez pas de sources, ne faites pas d'affirmations mensongères », a-t-il rétorqué. L'ancien espion russe, intervenant régulier sur BFMTV, a ensuite nié avoir cité ces chiffres : « Moi, je n'ai pas dit ça, ce n'est pas moi, je n'ai rien dit de tel ».
Un échange tendu sur la situation économique
Lorsque Paola Puerari a évoqué une possible résistance de l'économie iranienne, un autre intervenant a ironisé : « Tout va bien ». Siavosh Ghazi, visiblement exaspéré, a répondu : « Vous pouvez rigoler tant que vous êtes au plateau, assis dans votre salon à Paris ». Il a concédé l'existence d'une tension inflationniste en Iran, mais a insisté : « Il y a effectivement une inflation, mais ce ne sont pas les chiffres totalement faux que vous dites à l'antenne à longueur de journée ». Le journaliste, seul correspondant français à Téhéran avec l'AFP, a dénoncé une désinformation récurrente sur la chaîne.



