Nicolas Barré renonce à la direction de Libération après l'opposition des journalistes
Le poste de Directeur de la Rédaction de Libération reste toujours vacant. Nicolas Barré, qui a dirigé Le Figaro dans les années 2000 puis Les Echos pendant plus de dix ans, avait été proposé la semaine dernière par le président de la société actionnaire principale de Libération, Denis Olivennes. Cette proposition est intervenue juste après l'annonce du départ de Dov Alfon, qui a dirigé le journal pendant six ans.
Une nomination immédiatement contestée
Mais le nom de Nicolas Barré a immédiatement suscité l'opposition des journalistes de Libération. Ceux-ci s'étaient réunis vendredi en assemblée générale, certains y voyant une « provocation » en raison de son parcours dans des journaux à la ligne économique plus libérale. Un candidat jugé pas assez ancré à gauche pour un journal historiquement marqué par cette orientation politique.
Le retrait de Nicolas Barré
« Constatant les réticences à ma venue, j'ai décidé de me retirer du processus de nomination du prochain directeur de la rédaction du journal », a indiqué Nicolas Barré, après avoir rencontré lundi les membres du bureau de la Société des Journalistes et du Personnel de Libération (SJPL).
La SJPL a pour sa part fait savoir dans un message envoyé aux salariés : « Ni les compétences professionnelles, ni les qualités personnelles, ni le projet de Nicolas Barré ne sont en cause », mais « sa trajectoire et l'identité profonde de Libération, réaffirmée par la rédaction, étaient trop éloignées pour que sa venue s'impose comme une évidence ».
Un contexte économique difficile
Dans un contexte de crise généralisée de la presse, Libération n'échappe pas aux difficultés économiques. Selon le média L'Informé, le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky a renfloué le journal à quatre reprises depuis 2022. La dernière fois en décembre, à hauteur de 17 millions d'euros, pour un total de 59 millions d'euros d'injections financières.
Cette situation financière précaire ajoute une pression supplémentaire sur la recherche d'un nouveau directeur de la rédaction, qui devra non seulement incarner l'identité du journal mais aussi relever les défis économiques du secteur de la presse.



