Augustin Trapenard : un journaliste au rythme effréné entre radio, télévision et réseaux sociaux
Passionné et insatiable, Augustin Trapenard se partage entre plusieurs médias avec une énergie remarquable. À 46 ans, ce journaliste anime « Variétés » sur RTL chaque samedi à 13h30, présente « La Grande Librairie » sur France 5 chaque mercredi soir, et orchestre un club de lecture hebdomadaire sur Instagram. Rencontré dans un café parisien près de la gare du Nord, il confie d'une voix suave mais rapide : « J'ai une journée de psychopathe », entre deux cigarettes, le regard bleu accrocheur marqué par des cernes.
Une approche structurée mais sensible des interviews
Augustin Trapenard prépare méticuleusement ses entretiens, considérant la radio comme un métier très écrit. Pour « Variétés », émission enregistrée, il parle parfois une heure et demie avec ses invités pour n'en garder que quarante-cinq minutes. « Ça me permet de construire des émotions, des rires, des frissons », explique-t-il. Il insiste sur le travail en amont, décrivant un entretien réussi comme celui où l'on dévie du cadre préparé, se laissant guider par les réponses de l'invité.
Il cultive la confiance avec les artistes en valorisant leur parole, qu'il trouve plus intéressante que celle des politiques. « L'artiste ne récite pas d'éléments de langage. C'est une parole libre, tremblante, anarchique », affirme-t-il, citant des exemples comme Fanny Ardant ou Véronique Sanson. Il rejette l'idée que les artistes soient trop promotionnels, notant qu'ils résistent souvent au politiquement correct, comme l'a montré Béatrice Dalle sur #MeToo dans « Variétés ».
La culture disséminée et l'importance de la littérature
Contrairement à l'idée que la culture avait plus de place il y a quarante ans, Trapenard observe qu'elle est aujourd'hui partout, mais par petits éclats dans les médias et réseaux sociaux. Il critique les interviews rapides et superficielles, préférant des formats longs comme ceux de Bernard Pivot ou Jacques Chancel, qu'il admire avec réalisme, reconnaissant aussi des moments de longueur dans leurs émissions.
La littérature tient une place centrale dans sa vie, depuis l'enfance où il lisait de manière obsessionnelle. Il défend le service public audiovisuel, soulignant que « La Grande Librairie » est la seule émission au monde dédiée à la littérature en prime time, et exprime des doutes sur sa survie en cas de privatisation. Optimiste face à la baisse de la lecture, il voit le livre comme un refuge contre la toxicité des réseaux sociaux.
Engagé avec Bibliothèques sans frontières, il plaide pour une ouverture horaire élargie des bibliothèques, espaces de brassage et de solitude. Enfin, il évoque l'influence d'écrivains comme Edmund White et Armistead Maupin sur son parcours personnel, remerciant ces auteurs pour avoir offert des modèles dans la littérature gay.



