Arcom : une étude révèle la vulnérabilité des Français aux fausses informations
Dans une étude dévoilée mardi 24 mars par l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel et du numérique, des résultats alarmants ont été présentés. Plus des trois quarts des sondés ont cru à au moins une information fausse qui leur était soumise, mettant en lumière une perméabilité inquiétante à la désinformation.
Des chiffres qui interpellent sur la crédulité
Pour réaliser cette enquête, 2 000 personnes ont été interrogées en ligne au mois de novembre. Dix informations leur ont été présentées, dont trois vraies et sept fausses. Les résultats montrent que 22% des sondés ont jugé « exacte de façon certaine au moins quatre des sept fausses informations ». À l'inverse, seulement 23% des participants ont correctement identifié toutes les affirmations trompeuses.
Martin Ajdari, le président de l'Arcom, a commenté ces données en soulignant que « nous sommes tous vulnérables à la désinformation, même si on l'est à des niveaux variables ». Cette déclaration met en avant le caractère universel du phénomène, tout en reconnaissant des degrés de sensibilité différents parmi la population.
Exemples de fausses affirmations et profil des plus perméables
Parmi les fausses informations présentées, on retrouvait des affirmations telles que « 81% des soignants refusent de se faire vacciner contre la grippe » ou « Une nouvelle loi sanctionne de 750 euros le prêt non déclaré d'un véhicule à un proche ». Ces exemples illustrent la diversité des sujets sur lesquels la désinformation peut prospérer.
L'étude dresse également le profil des Français « les plus perméables » aux fausses informations. Ils sont à 54% des hommes, 33% ont entre 25 et 44 ans, et 35% appartiennent aux catégories socioprofessionnelles moins favorisées (CSP-). Ces individus s'informent davantage via « les médias algorithmiques », c'est-à-dire les réseaux sociaux, les plateformes en ligne et les outils d'intelligence artificielle.
Les moins perméables et un décalage de perception
À l'opposé, 40% des Français les « moins perméables » aux fausses informations possèdent un niveau d'étude supérieur. Ils privilégient les médias traditionnels comme la télévision et la presse écrite pour s'informer, démontrant une corrélation entre les sources d'information et la capacité à discerner le vrai du faux.
L'étude met en évidence un décalage significatif entre la perception des gens et la réalité. En effet, 60% des sondés estiment savoir identifier une fausse information, mais seulement 23% pensent que les autres en sont capables. Cette divergence révèle une surestimation de ses propres compétences face à la désinformation.
Une conscience collective et des appels à la régulation
Catherine Jentile de Canecaude, membre du collège de l'Arcom, a toutefois apporté une note d'espoir. Elle a souligné qu'« il y a quand même de l'espoir car il y a une conscience d'être soumis » aux fausses informations, avec 97% des sondés reconnaissant cette exposition, et « de la nécessité de lutter » contre elles, approuvée par 80% des participants.
Dans ce contexte, l'Arcom, qui coordonne l'application en France du règlement européen sur les services numériques (DSA), plaide pour une action renforcée. Martin Ajdari a jugé nécessaire une « régulation plus directive et verticale » des plateformes, affirmant que « la corégulation ne marche pas ». Benoît Loutrel, également membre du collège de l'Arcom, a justifié cette position en notant que « le monde a changé, on voit bien que les plateformes n'ont plus le même volontarisme » depuis l'élection de Donald Trump, source de tensions avec les États-Unis sur la lutte contre les contenus « illicites et préjudiciables ».
Cette étude de l'Arcom sert ainsi de signal d'alarme, appelant à une vigilance accrue et à des mesures réglementaires plus fermes pour contrer la propagation des fausses informations dans l'espace numérique.



