Alors que les auditions de la commission d'enquête parlementaire sur la neutralité et le financement de l'audiovisuel public s'achèvent cette semaine à l'Assemblée nationale, un sondage Viavoice publié lundi apporte un éclairage saisissant sur la perception des Français. D'après cette enquête dévoilée lors des Assises du journalisme de Tours, les médias de service public sont perçus comme importants, voire indispensables, pour le bon fonctionnement de la démocratie par trois Français sur quatre.
Un soutien massif à l'audiovisuel public
Dans le détail, les résultats sont particulièrement significatifs. 39% des personnes interrogées jugent ces médias tout simplement indispensables au maintien de la démocratie, tandis que 36% les considèrent importants mais pas indispensables. À l'inverse, une minorité de 15% estime que ces médias de service public nuisent au bon fonctionnement démocratique, et 10% préfèrent ne pas se prononcer.
Ces chiffres proviennent du baromètre annuel sur l'utilité du journalisme, réalisé pour un consortium comprenant France Télévisions, Radio France, France Médias Monde et Ouest-France. La publication de ces données intervient à un moment crucial du débat public sur l'avenir et le financement de l'audiovisuel public en France.
Le journalisme largement perçu comme utile
L'étude révèle également une perception globalement positive du métier de journaliste dans son ensemble. 89% des Français interrogés estiment que le journalisme est un métier utile, avec des nuances intéressantes : 42% le jugent très utile et 47% assez utile. Cette reconnaissance professionnelle survient dans un contexte médiatique complexe, marqué par la multiplication des conflits à travers le monde et la circulation accrue d'informations douteuses.
Le défi de la désinformation
En effet, près d'une personne sur deux (49%) déclare avoir été plus souvent confrontée à des informations fausses ou trompeuses ces derniers temps qu'auparavant. Pour 41% des sondés, cette exposition aux fausses informations reste stable, équivalente à ce qu'elle était auparavant. Face à cette réalité, le rôle des journalistes pour distinguer le vrai du faux apparaît essentiel : 72% des personnes interrogées le jugent indispensable, tandis que 20% le considèrent important mais pas indispensable.
Ces résultats dessinent un paysage contrasté où, malgré les défis posés par la désinformation et les interrogations sur le financement public, les Français maintiennent une confiance significative dans les médias de service public et reconnaissent la valeur fondamentale du travail journalistique pour la santé démocratique du pays.



