Yolande Zauberman : une cinéaste du regard
Dans un entretien récent, la réalisatrice Yolande Zauberman a partagé sa vision unique du cinéma, qu'elle décrit comme le prolongement naturel de ce qu'elle voit et de ce qu'elle croit. Pour elle, l'acte de filmer est indissociable de l'observation du monde. « Mes films sont le prolongement de ce que je vois, et je crois qu'on est ce qu'on voit », affirme-t-elle. Cette déclaration résume une philosophie où le cinéma devient un outil de perception et de compréhension.
Une immersion dans le réel
Zauberman est connue pour ses documentaires immersifs qui plongent le spectateur au cœur de sujets souvent sensibles. Elle explique que son travail commence par une observation attentive, une écoute des lieux et des personnes. « Je ne viens pas avec un scénario préétabli. Je me laisse guider par ce que je vois et ressens sur le terrain. » Cette approche lui permet de capturer des moments authentiques, des fragments de vie qui deviennent matière cinématographique.
Le regard comme filtre
Pour la réalisatrice, le regard est un filtre subjectif mais nécessaire. « On ne peut pas être objectif. Chaque plan est un choix, une interprétation. » Elle insiste sur l'importance de la sincérité dans ce processus. « Je ne cherche pas à montrer une vérité absolue, mais ma vérité, celle que je perçois à travers mes yeux et mon vécu. » Cette honnêteté est ce qui donne à ses films leur puissance émotionnelle et leur force documentaire.
Un cinéma de l'intime
Ses œuvres, souvent centrées sur des figures marginalisées ou des communautés oubliées, sont des portraits intimes qui interrogent notre rapport à l'autre. « Je filme des gens que je rencontre, des histoires qui me touchent. C'est un échange, une relation qui se construit. » Elle évoque notamment son film sur les enfants des rues en Inde ou celui sur la communauté juive orthodoxe. « Chaque film est une aventure humaine avant d'être un projet artistique. »
La croyance dans l'image
Zauberman croit fermement au pouvoir de l'image. « On est ce qu'on voit, car ce qu'on voit façonne notre conscience. » Elle considère que le cinéma a la capacité de transformer les perceptions, de briser les préjugés. « Montrer des réalités invisibles, c'est déjà un acte politique. » Ses films ne cherchent pas à donner des leçons, mais à ouvrir des fenêtres sur des mondes méconnus.
Un processus en constante évolution
La réalisatrice souligne que son processus créatif est en perpétuel mouvement. « Chaque film m'apprend quelque chose de nouveau sur le monde et sur moi-même. » Elle se dit influencée par les rencontres et les hasards du tournage. « Parfois, une scène imprévue devient le cœur du film. Il faut savoir lâcher prise et suivre le flux. » Cette flexibilité est essentielle pour capter l'essence du réel.
Un message aux jeunes cinéastes
Interrogée sur ses conseils aux aspirants réalisateurs, Zauberman répond : « Faites confiance à votre regard. Ne cherchez pas à plaire ou à correspondre aux attentes. Le cinéma est un art personnel, il doit refléter qui vous êtes. » Elle encourage également à sortir des sentiers battus, à explorer des sujets qui dérangent ou qui émeuvent. « Le plus important est de rester authentique, même si c'est inconfortable. »
Conclusion : le cinéma comme extension de soi
Yolande Zauberman nous rappelle que le cinéma est avant tout une affaire de regard. En prolongeant ce qu'elle voit, elle crée des œuvres qui interrogent et émeuvent. Sa démarche, à la fois humble et audacieuse, invite chacun à réfléchir sur sa propre perception du monde. « Finalement, je ne fais que partager ce que je vois. Et si cela peut aider quelqu'un à voir différemment, alors mon travail a du sens. »



