« Vorace » de Malgorzata Lebda : un récit poignant sur la maladie et la terre
« Vorace » de Malgorzata Lebda : maladie et terre en Pologne

« Vorace » de Malgorzata Lebda : un récit poignant sur la maladie et la terre

Le roman « Vorace » de Malgorzata Lebda, traduit du polonais par Lydia Waleryszak et publié aux éditions Noir sur blanc, offre une plongée intense dans les Beskides, au sud de la Pologne. Avec 270 pages disponibles en version papier à 23 € et numérique à 17 €, ce livre captivant reprend une trame simple mais profonde : une petite-fille et sa grand-mère, liées par la maladie qui dévore le corps de l'aînée.

Une narration discrète et puissante

En apparence, il n'y a pas de loup dans cette histoire, mais l'animal prend une autre forme, celle de la maladie. Cette dernière semble aussi atteindre la jeune femme d'une manière subtile et mystérieuse. Malgorzata Lebda, née en 1985 et vivant toujours dans la région où elle situe son récit, utilise cette base pour développer un récit magnifique, à l'affût de tous les mouvements de la vie.

La narratrice, une femme d'une quarantaine d'années, revient dans son village d'enfance après avoir passé une partie de sa jeunesse à l'étranger suite à la mort de ses parents. Le texte reste très allusif sur l'histoire des personnages, ajoutant une couche de mystère. Elle est accompagnée d'Ann, une chercheuse en physique spécialisée dans les propriétés de la lumière, dont on devine qu'elle est sa compagne, sans certitude absolue tant la narration garde une discrétion remarquable.

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Les éléments naturels et symboliques

Le récit se concentre sur des éléments simples mais évocateurs, qui ne ressemblent à rien de connu :

  • Des taches de couleur dans la campagne polonaise
  • Des grands troupeaux conduits dans la nuit vers l'abattoir
  • Des concerts de chiens réveillés par la peur des bovins
  • L'esprit du verger et les odeurs de sang
  • Une maison à bout de souffle racontant son histoire dans la poussière des travaux

Au fil de quelques saisons, les personnages s'occupent les unes des autres, au plus près du corps de la grand-mère malade, dont il faut gratter, soigner et nourrir la peau. Elles restent aussi proches de la terre que l'aînée n'a jamais quittée, créant un lien profond avec la nature et les cycles de la vie.

Un hommage à la résilience

« Vorace » se tient de bout en bout du côté de la vie, malgré les épreuves. Il explore avec sensibilité les thèmes de la maladie, de la mémoire et de l'attachement à la terre natale. La traduction de Lydia Waleryszak restitue avec justesse la poésie et la force de l'original polonais, offrant aux lecteurs francophones une œuvre littéraire d'une rare intensité.

Ce roman est bien plus qu'une simple histoire familiale ; c'est une méditation sur la condition humaine, la mort et la persistance des liens à travers les générations. Un livre qui marque par sa beauté et son authenticité, témoignant du talent de Malgorzata Lebda dans la littérature contemporaine.

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