Dans "Booum", Selim Nassib et Lena Merhej racontent une histoire d'amour née dans le chaos de la guerre civile libanaise. Le titre évoque à la fois le bruit des bombes et le battement du cœur. L'ouvrage, publié aux éditions Futuropolis, mêle les genres : roman graphique, autobiographie et documentaire historique.
Une rencontre sous les bombes
Le récit suit les parents de Lena Merhej, l'illustratrice. Son père, écrivain et journaliste, rencontre sa mère, une jeune femme issue d'une famille conservatrice, en 1975 à Beyrouth. Leur histoire se déroule dans une ville déchirée par la guerre. Selim Nassib, co-auteur et compagnon de Lena, apporte sa plume pour tisser les fils de cette narration.
"C'est un livre sur l'amour, mais aussi sur la mémoire et la résilience", explique Lena Merhej dans un entretien. "Nous voulions montrer comment les sentiments peuvent fleurir même dans les pires circonstances."
Un travail à quatre mains
Selim Nassib, connu pour ses romans et ses reportages, a écrit le texte. Lena Merhej a réalisé les illustrations, mêlant dessin réaliste et onirique. Leur collaboration a duré deux ans. "C'était un processus intense", confie Nassib. "Nous devions trouver un équilibre entre la vérité historique et l'intimité des personnages."
Le livre contient des documents d'archives : photos de famille, lettres et extraits de journaux. Ces éléments renforcent l'authenticité du récit. "Nous ne voulions pas faire un simple roman graphique, mais un objet qui témoigne d'une époque", ajoute Merhej.
La guerre civile libanaise en toile de fond
Le conflit libanais (1975-1990) a fait plus de 150 000 morts et des centaines de milliers de déplacés. "Booum" ne se concentre pas sur les combats, mais sur la vie quotidienne des civils. Les auteurs montrent comment les gens continuent à aimer, travailler et espérer malgré tout.
"La guerre n'est jamais loin, mais elle n'occupe pas tout l'espace", écrit Nassib dans une note. "Il y a des moments de grâce, des rires, des instants volés au chaos."
Un style graphique unique
Les dessins de Lena Merhej alternent entre cases serrées et pleines pages. Les couleurs varient du sépia pour les souvenirs au bleu pour les scènes oniriques. "Je voulais que le dessin reflète les émotions des personnages", explique-t-elle. "Parfois, la guerre est représentée par des taches d'encre noire qui envahissent la page."
Le livre a été salué par la critique. "Une œuvre poignante et nécessaire", a écrit le journal Le Monde. "Un des meilleurs romans graphiques de l'année."



