Sauramps : les salariés anticipent la liquidation judiciaire
Sauramps : salariés anticipent liquidation judiciaire

Le tribunal de commerce de Montpellier devrait prononcer ce vendredi 3 juillet la liquidation judiciaire de la librairie Sauramps, mettant fin à 80 ans d'existence. L'enseigne, placée en redressement judiciaire le 15 juin, compte 54 salariés, dont 48 à Montpellier et 6 à Alès. Sauf offre de reprise de dernière minute, à laquelle personne ne croit plus, la fermeture est considérée comme inéluctable.

Des rayons vides et des salariés désabusés

Depuis plusieurs mois, les stocks se sont réduits progressivement. « Cela fait quatre mois que l’on a arrêté d’acheter des nouveautés qu’on n’aurait pas pu payer », confie un salarié. Les rayons, autrefois réputés pour leur densité, sont désormais clairsemés. « Sauramps c’était une somme de librairies spécialisées. On avait par exemple, le plus gros fond sur le tourisme », glisse un autre employé. Quelques ouvrages subsistent, liés à des opérations spéciales comme le dernier prix « Habiter le monde » attribué à Eléa Marini.

Une pétition sans effet

Une pétition intitulée « Rendez-nous la librairie Sauramps de Montpellier » circule dans les étages. Elle appelle les propriétaires des locaux à ne pas favoriser la vente en ligne au détriment d'une grande librairie de centre-ville. Des dizaines de signatures ont été recueillies, mais les salariés estiment que quitter ce bâtiment « vétuste » est inévitable. « Il y a 95 % de chances pour que la liquidation soit prononcée. On n’a plus de stock », relève un employé de la logistique. Un libraire plaisante : « 95 % ? Vous êtes tombés sur un optimiste. »

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Un secteur en crise

« On s’attend à la fin. Tout le monde a intégré ça », ajoute un collègue. « Cela s’appelle un gâchis », déplore une autre. L'avenir s'annonce sombre pour les libraires. « Le Furet du Nord et Decitre viennent d’annoncer la fermeture de onze magasins, 163 suppressions d’emplois. On va se retrouver à combien pour candidater à un poste ? Pour beaucoup cela va sonner un coup d’arrêt de leur carrière dans le livre », estime un employé expérimenté. « Il se vend toujours des livres neufs, mais le problème c’est la vente en magasin physique », ajoute un autre.

Des critiques mesurées envers l'actionnaire

Les critiques à l'encontre de François Fontès, l'actionnaire propriétaire, restent mesurées. « C’est un passionné du livre. Il a apporté beaucoup d’argent. Et ce ne sont pas des commerces qui rapportent beaucoup », rappelle-t-on. Cependant, sa gestion de la crise est mise en cause. « On devait le rencontrer physiquement mais il a annulé au dernier moment. On aurait bien aimé recueillir sa parole… Maintenant c’est trop tard. Ce qui nous arrive c’est très moderne : il y a beaucoup de moyens de communication mais peu d’information, pas de transparence », relève un libraire.

Ce vendredi, une délégation de salariés se rendra au tribunal de commerce pour entendre la décision. « Maintenant on attend une issue. » La saga Sauramps pourrait se refermer définitivement.

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