La librairie historique Sauramps, qui célèbre ses 80 ans d'existence, a été placée en redressement judiciaire ce lundi 15 juin par le tribunal de commerce de Montpellier. L'issue semblait inéluctable. La librairie a déposé une demande de placement en redressement judiciaire, et une période d'observation de trois semaines a été accordée pour évaluer la viabilité de l'activité.
Un propriétaire contraint de se résoudre
François Fontès, le propriétaire, ne se résolvait pas à cette issue il y a quelques jours encore. "Je n'ai pas l'intention de laisser tomber Sauramps", affirmait-il tout en examinant toutes les possibilités de recours. Il n'a finalement pas eu le choix. En état de cessation de paiement, l'entreprise était dans l'incapacité de payer ses dettes ni de commander de nouveaux livres.
Un premier redressement en 2017
Les difficultés de la librairie ne datent pas d'hier. Après un âge d'or durant les années 2000, rien ne semblait lui résister. Les ouvertures se multiplient : extension de la librairie du Triangle, Polymômes, Sauramps Odyssée, espace livres au musée Fabre, Sauramps Cévennes à Alès. Sauramps est alors considéré comme l'un des libraires indépendants les plus importants en France. La situation commence à se dégrader un peu plus tard avec un premier placement en redressement judiciaire en 2017. Ametis, filiale du groupe Hugar dirigé par François Fontès, est alors préféré au groupe Furet du Nord. Les emplois sont sauvés, l'aventure peut continuer.
Un secteur en crise
Mais Sauramps n'échappe pas à la crise qui touche le secteur du livre depuis quelques années. Après une réduction de son périmètre et des fermetures successives, la librairie voit son chiffre d'affaires divisé par deux (8,5 M€ en 2024) et des pertes cumulées de plus de 4 M€ la même année. Le nom de Sauramps s'ajoute donc à ceux de Gibert, Decitre et Furet du Nord placés en redressement judiciaire en France.
48 salariés à Montpellier et 6 à Alès
Une étape qui ne signe pas la fin de Sauramps. "Un dossier en redressement judiciaire ne veut pas dire pour autant un arrêt de l'activité", confiait François Fontès fin mai. La période d'observation peut en effet être prolongée jusqu'à 18 mois. Le directeur David Lafarge veut croire encore à un sauvetage. "Le livre, c'est important et Sauramps à Montpellier, c'est important. Il faut tout faire pour préserver les emplois et la librairie." Ils sont 48 salariés à Montpellier et 6 à Alès. "Ils sont partagés entre le soulagement puisque des mots sont mis sur une situation qui durait depuis trop longtemps et l'abattement. Des libraires présents depuis 25 ans ont déjà connu un placement en redressement judiciaire. Psychologiquement, c'est lourd à supporter."
Audience le 3 juillet
Un mandataire et un administrateur ont été nommés. Ce dernier a jusqu'au 3 juillet pour imaginer une suite après l'ouverture de cette procédure collective. "François Fontès souhaite aussi aboutir à un plan de continuité pour ne pas abandonner Sauramps", assure le directeur David Lafarge. En attendant, les magasins du Triangle et d'Alès restent ouverts "avec une offre malheureusement limitée", rappelle le directeur. Une audience a été fixée le 3 juillet au tribunal de commerce.



