Dans un entretien paru dans nos archives, Alain Robbe-Grillet (1922-2008) défendait en 1997 l'audace et la liberté formelle du Nouveau Roman face à l'uniformisation de la culture de masse. Propos recueillis par Jean-Louis Ezine, cet échange revenait sur la période militante du mouvement, de 1950 à 1975, et sur la place persistante de ses figures majeures dans l'actualité littéraire.
Un mouvement né en réaction aux conventions
Le Nouveau Roman, courant littéraire apparu dans les années 1950 en réaction aux conventions narratives traditionnelles, a marqué la littérature française. En 1997, à l'occasion de la sortie de l'essai « Alain Robbe-Grillet » de Roger-Michel Allemand, l'écrivain se souvenait de sa jeunesse « révolutionnaire ». Il comparait alors l'avancée du groupe à « un bataillon de mécréants et de terroristes ».
Interrogé sur la domination persistante des acteurs les plus en vue du mouvement – lui-même, Claude Simon et Nathalie Sarraute – Robbe-Grillet expliquait que l'aventure du Nouveau Roman, durant sa période militante, n'était pas un phénomène isolé. Cette période, qu'il situait « en gros de 1950 à 1975 », avait profondément renouvelé les approches du roman.
Une défense de la liberté formelle
Dans cet entretien, l'écrivain défendait l'audace et la liberté formelle du Nouveau Roman contre l'uniformisation de la culture de masse. Il soulignait l'importance de l'innovation stylistique et de la remise en question des structures narratives classiques, des principes qui avaient guidé son œuvre et celle de ses contemporains.
L'entretien, publié le 30 août 2026 à 16h00, faisait partie du dossier « Notre sélection du week-end ». Il était accompagné d'une photographie de l'écrivain datée du 21 février 1994, signée Andersen Ulf/SIPA. L'article, réservé aux abonnés, proposait une lecture de 2 minutes.
Une actualité littéraire toujours marquée
La question de la présence continue de Robbe-Grillet, Claude Simon et Nathalie Sarraute dans l'actualité littéraire des années 1990 montrait la portée durable du mouvement. Robbe-Grillet, souvent qualifié de « pape » du Nouveau Roman, y répondait en replaçant cette longévité dans le contexte de la période militante du groupe.
Cet échange, conservé dans les archives du BibliObs, illustre la vision de l'écrivain sur la nécessité de l'audace et de la liberté formelle, des valeurs qu'il opposait à l'uniformisation culturelle. L'entretien complet, réservé aux abonnés, était accessible via une offre d'été à partir de 2,99 euros par mois.



