Peter Nádas : la dernière page du grand écrivain hongrois
Peter Nádas : la dernière page du grand écrivain hongrois

L'écrivain hongrois Peter Nádas est décédé à l'âge de 82 ans, a annoncé sa maison d'édition hongroise Jelenkor, citée par l'agence MTI. Né en 1942 à Budapest, il était l'un des auteurs majeurs de la littérature centre-européenne, couronné par de nombreux prix, dont le prix Kossuth, la plus haute distinction culturelle hongroise.

Une œuvre monumentale et exigeante

Peter Nádas s'est fait connaître internationalement avec « Le Livre des mémoires » (1986), un roman de plus de 1 400 pages qui mêle introspection, histoire et réflexion sur la mémoire. Ce livre, traduit en français par Georges Kassai, est souvent comparé à Proust et à Musil. Son autre grand œuvre, « Histoires parallèles » (2005), en trois volumes, a confirmé son statut de géant de la prose européenne.

Ses récits, souvent situés dans la Hongrie communiste, explorent les rapports de pouvoir, la violence et l'intimité. Son écriture, d'une précision chirurgicale, exige une lecture lente et attentive, ce qui n'a pas empêché un large public de saluer son audace.

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Une vie marquée par l'histoire

Fils d'une famille juive convertie au protestantisme, Peter Nádas a vécu les traumatismes du XXe siècle : la Shoah, l'occupation soviétique, la répression de 1956. Il a travaillé comme photographe avant de se consacrer entièrement à l'écriture. Dans ses essais, il a souvent critiqué le nationalisme et la xénophobie, tant en Hongrie que dans le reste de l'Europe.

Son dernier livre, « Lumières » (2017), paraîtra en français en 2025. Il y revient sur son enfance et sur les silences de sa famille. Selon son éditeur français, Christian Bourgois, « Peter Nádas était un écrivain de la totalité, qui tentait de saisir l'homme dans toutes ses dimensions, physique, historique et spirituelle ».

Un héritage littéraire considérable

Avec la mort de Peter Nádas, la littérature hongroise perd une de ses voix les plus puissantes. Son œuvre, traduite dans une trentaine de langues, continue d'influencer de nombreux auteurs. Il laisse une œuvre fragmentaire mais immense, où chaque phrase semble pesée comme en physique nucléaire.

Les hommages affluent de Budapest, où les lecteurs se pressent devant sa maison. Le président hongrois a salué « une conscience européenne qui a su dire non aux idéologies ». La maison Jelenkor a promis une édition complète de ses œuvres complètes, un chantier qui prendra plusieurs années.

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