Conférence sur Marguerite Audoux : redécouverte d'une romancière oubliée à Saint-Raphaël
Marguerite Audoux : une romancière oubliée redécouverte

Une conférence pour redécouvrir Marguerite Audoux, romancière « injustement oubliée »

Saint-Raphaël accueille une conférence exceptionnelle consacrée à Marguerite Audoux, cette romancière au destin singulier dont l'œuvre mérite d'être remise en lumière. L'événement, organisé par l'Association des Villas Belle Époque, se tiendra jeudi prochain dès 18 heures à la mairie d'honneur des Asphodèles.

Le parcours hors norme d'une autrice autodidacte

Géraldine Doutriaux, autrice de la biographie Le cas Audoux, viendra partager ses recherches sur cette figure littéraire née dans la misère en 1863. Marguerite Audoux, couturière de métier et élevant sa nièce ainsi que ses trois enfants, a connu une ascension remarquable malgré son statut d'autodidacte. Son roman Marie-Claire lui a valu le prestigieux prix Femina en 1910, une reconnaissance exceptionnelle pour une femme issue d'un milieu modeste à cette époque.

Son écriture épurée et profondément humaine a marqué ses contemporains, y compris des grands noms comme Marcel Proust, avant de s'effacer progressivement des lectures contemporaines. Géraldine Doutriaux souligne que cette œuvre, pourtant saluée en son temps, n'est pratiquement plus étudiée dans les programmes scolaires aujourd'hui, illustrant l'invisibilisation dont ont souffert de nombreuses autrices.

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Une réhabilitation littéraire nécessaire

La conférencière abordera la question de la réhabilitation de Marguerite Audoux, emblématique des nombreuses femmes écrivaines qui ont été marginalisées par les canons littéraires traditionnels. « Il y a une vraie dichotomie entre le nombre d'auteurs masculins qu'on nous enseigne et le nombre d'autrices qui ont existé et publié », explique-t-elle, rappelant que le travail de redécouverte de ces figures méconnues est essentiel pour rétablir une vision plus équilibrée de l'histoire littéraire.

Lors de cette rencontre, Géraldine Doutriaux présentera non seulement le parcours de vie singulier de Marguerite Audoux, mais lira également des extraits de son œuvre pour en montrer la modernité et l'élégance. « C'est une écriture très simple, assez élégante. Et somme toute moderne », précise-t-elle, évoquant son coup de cœur pour cette prose qui a pu servir de support pour des dictées du Certificat d'études jusqu'aux années 1960.

Le lien particulier avec Saint-Raphaël

Un aspect important de la conférence concernera le lien singulier que Marguerite Audoux entretenait avec Saint-Raphaël. À partir de 1930, alors âgée de 67 ans et en fragile santé, elle a choisi de séjourner régulièrement dans la commune, y trouvant un havre de paix propice à la vie simple qu'elle affectionnait.

Elle s'est installée en 1936 à la villa Esméralda, boulevard des Anglais, avant d'être admise à l'hôpital-hospice de l'avenue Clemenceau où elle s'est éteinte le 1er février 1937. Marguerite Audoux repose désormais au cimetière Alphonse-Karr de Saint-Raphaël, et une avenue de la ville porte son nom, témoignant de l'attachement local à sa mémoire.

Cette conférence représente donc une occasion unique de renouer avec une voix littéraire discrète mais essentielle, tout en découvrant les aspects méconnus de sa relation avec la commune varoise. Une invitation à plonger dans l'œuvre et la destinée d'une autrice dont la redécouverte s'inscrit dans un mouvement plus large de revalorisation du patrimoine littéraire féminin.

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