Madeleine Chapsal, écrivaine saintaise, s'éteint à 98 ans en laissant un héritage littéraire
Madeleine Chapsal, écrivaine saintaise, s'éteint à 98 ans

Madeleine Chapsal, figure littéraire saintaise, s'éteint à l'âge de 98 ans

L'écrivaine et journaliste Madeleine Chapsal est décédée dans la nuit du lundi 11 mars au mardi 12 mars au Pouliguen, en Loire-Atlantique, à l'âge de 98 ans. Née le 1er septembre 1925 à Paris, elle était l'héritière d'une dynastie saintaise qui a marqué l'histoire de la ville de Saintes, en Charente-Maritime.

Un lien affectif indéfectible avec Saintes

Dans ses mémoires « Souvenirs involontaires » publiés en 2018, Madeleine Chapsal confiait : « C'est à Saintes que j'ai écrit, terminé, posté ce qui fut mon best-seller, 'La Maison de jade', et c'est dans mon petit bureau du deuxième étage que je continue d'écrire. » Cet extrait témoigne du lien profond qui unissait la romancière à la capitale saintongeaise, où sa famille était implantée depuis plusieurs générations.

L'immeuble familial situé au 6 de la rue Saint-Maur à Saintes, acquis en 1871 par son arrière-grand-père Cyprien Chapsal, était devenu au fil du temps un véritable musée. La vente aux enchères des collections familiales en 2016 avait permis au public de découvrir cet univers où se mêlaient politique et arts.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une lignée familiale prestigieuse

La famille Chapsal a joué un rôle important dans la vie publique saintaise :

  • Son grand-père, Fernand Chapsal, fut vice-président du Sénat, ministre du Commerce, de l'Industrie et de l'Agriculture sous la Troisième République, et maire de Saintes.
  • Son père, Robert Chapsal, était conseiller maître à la Cour des comptes et créait également des céramiques.

Madeleine Chapsal plaisantait souvent en évoquant sa lignée familiale : « Un Chapsal, des Chapsaux », disait-elle avec tendresse. La famille repose au cimetière Saint-Vivien de Saintes.

Un engagement littéraire et culturel actif

L'écrivaine a toujours été très impliquée dans la vie culturelle de sa région :

  1. En 2006, elle cofonde le Saint-Georges Club avec le journaliste jardinier Michel Lis, le peintre Jean-Pierre Blanchard et Jérôme Emery, fondateur du Relais du bois Saint-Georges.
  2. Elle contribue à créer le salon littéraire Les Marchés romanesques.
  3. Elle préside le comité Goulebenéze, créé en 2012 en hommage au barde saintongeais.
  4. Membre de l'Académie de Saintonge depuis 1987, elle fait partie du jury des Mouettes, qui remet les prix littéraires du Conseil départemental de la Charente-Maritime.

En 2016, marraine de la dictée nationale du Rotary Club, elle participe activement à l'exercice aux côtés de 60 candidats au lycée Bellevue de Saintes.

Une présence marquante dans toute la région

Son engagement ne se limitait pas à Saintes. On pouvait la croiser régulièrement à La Rochelle et plus particulièrement dans l'île de Ré, aux Portes-en-Ré où elle résidait. En 2015, elle reçoit la distinction honorifique de citoyen d'honneur de la Ville de Saintes des mains du maire Jean-Philippe Machon.

Madeleine Chapsal entretenait un rapport affectif autant avec la ville qu'avec ses habitants. Elle confiait en 2000 : « Le premier endroit où je vais quand j'arrive à Saintes, c'est au marché. C'est la rencontre des citadins et du milieu rural, on y parle de tout et de rien, c'est délicieux. »

Même si elle avait choisi de passer ses dernières années en Loire-Atlantique, l'autrice de « L'Homme de ma vie » (2004), récit de son histoire avec Jean-Jacques Servan-Schreiber, n'a jamais rien renié de ses racines saintaises. En 1997, lors de l'inauguration de la bibliothèque François-Mitterrand, elle rapportait les mots que lui avait confiés l'ancien président, lui-même attaché à Saintes : « Saintes, ma petite capitale ».

Son décès marque la fin d'une époque pour la littérature régionale et laisse un vide dans le paysage culturel saintongeais où son engagement et son talent resteront gravés dans les mémoires.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale