Alain-Fournier, connu pour son unique roman achevé Le Grand Meaulnes, avait planifié un second ouvrage avant de mourir au combat en septembre 1914, à l'âge de 27 ans. Des chercheurs viennent de mettre au jour des fragments inédits de ce projet littéraire, relançant l'intérêt pour l'œuvre de l'écrivain.
Un manuscrit éparpillé
Le second roman, intitulé provisoirement Colombe Blanchet ou La Maison des trois mystères, n'a jamais été achevé. Alain-Fournier en avait rédigé des notes, des esquisses et quelques chapitres épars, conservés par sa famille et des archives. Selon l'historien littéraire Jean-Pierre Aubrit, « ces documents montrent une ambition narrative différente du Grand Meaulnes, avec une dimension plus sociale et politique ».
Des thèmes nouveaux
Les fragments révèlent une histoire centrée sur un jeune homme, François, qui quitte la campagne pour la ville, confronté aux inégalités et à l'industrialisation. Alain-Fournier y explorait des thèmes comme la lutte des classes et l'émancipation féminine, à travers le personnage de Colombe, une ouvrière engagée. Selon les notes, le roman devait comporter trois parties, mais seule la première est partiellement rédigée.
Un contexte de guerre
Alain-Fournier, mobilisé en août 1914, a emporté ses manuscrits au front. Il a continué à écrire jusqu'à sa mort, le 22 septembre 1914, lors de la bataille de la Marne. Ses carnets, retrouvés sur son corps, contiennent des ajouts au roman. « Il écrivait dans les tranchées, entre deux assauts », précise Aubrit.
La redécouverte
En 2025, un chercheur de l'université de Bourges a retrouvé dans les archives familiales une liasse de 150 pages inédites, dont des passages rédigés au crayon. L'analyse ADN et paléographique a confirmé l'authenticité. Ces documents permettent de reconstituer environ 40 % du roman prévu. Une édition critique est prévue pour 2027.
Un héritage littéraire
Le Grand Meaulnes, publié en 1913, a marqué la littérature française par son mélange de réalisme et de merveilleux. Ce second roman, bien qu'inachevé, éclaire l'évolution de l'auteur. « Il voulait écrire un roman plus ancré dans son époque », explique Aubrit. La publication des fragments devrait susciter un regain d'intérêt pour l'écrivain, dont l'œuvre reste étudiée dans les lycées.



