Périgueux : le Sans Réserve rouvre après quatre ans de travaux et de silence
Le Sans Réserve de Périgueux rouvre après quatre ans de fermeture

Le Sans Réserve de Périgueux sort enfin de son long silence

Après presque quatre années de fermeture forcée, l'antre des musiques actuelles de Périgueux rouvre enfin ses portes ce vendredi 3 avril. L'équipe qui gère le site ne cache pas son enthousiasme, à commencer par Rémi Chastenet, directeur et programmateur des lieux.

Une fourmilière à quelques jours de l'inauguration

À quelques jours du week-end inaugural, les coulisses du Sans Réserve à Périgueux, en Dordogne, ressemblent à une véritable fourmilière. S'agitant dans tous les sens, l'équipe chargée du site s'approprie ses nouveaux locaux et prépare activement la réouverture qui donnera lieu à trois jours de festivités, dès vendredi 3 avril, entre visites guidées et concerts entièrement gratuits.

Rémi Chastenet, directeur et programmateur de cette structure dédiée aux musiques actuelles, partage son état d'esprit à l'approche de ce moment tant attendu : « Pas trop stressé ? Si, mais c'est plutôt du bon stress. On est euphorique. Ça fait quatre ans qu'on a quitté le bâtiment, plusieurs mois qu'on voit pousser de nouveaux espaces, quelques jours à peine qu'on en a pris possession. On a vraiment hâte d'y accueillir les gens, les habitants de la ville et d'ailleurs. »

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Quatre ans de fermeture : un délai plus long que prévu

Quatre années de fermeture représentent une période considérable, et ce délai n'était absolument pas anticipé. Plusieurs paramètres ont convergé pour expliquer cette longue attente. « Il y a eu des retards à cause de choses qui n'avaient pas été perçues avant le début du chantier », explique Rémi Chastenet. « Par exemple, on a trouvé une ligne à haute tension au premier coup de pioche qui a dû être dévoyée. Puis, la guerre en Ukraine a commencé et le montant global du projet a augmenté, ce qui a obligé la Ville à réévaluer l'appel d'offres. Et bien sûr, il y a eu les aléas inhérents aux travaux. Il y en a toujours. »

Une métamorphose architecturale et acoustique

La première chose que les habitués remarqueront en franchissant les portes du nouveau Sans Réserve sera la transformation radicale du bâtiment. « Dès qu'on arrive devant, on voit que le bâtiment a complètement changé. Il n'a plus rien à voir avec ce qu'il était », souligne le directeur. « Sur la façade avant, il y avait une partie graff, réalisée en 2010 par des habitants du quartier, qui n'existe plus. Ça a été difficile de s'en séparer. Aujourd'hui, un gros bardage un peu mordoré donne un aspect monolithique à l'ensemble. »

À l'intérieur, tout est neuf. L'espace bar, autrefois exigu et source d'attente interminable, a été repensé avec deux grands linéaires de bar, notamment dans la toute nouvelle salle baptisée le Club, qui s'ajoute à l'ancienne salle restée relativement similaire.

L'acoustique a fait l'objet d'une attention particulière. « Des matériaux ont été choisis et des traitements acoustiques mis en place pour que l'expérience sonore du public soit optimale, mais aussi pour empêcher toute nuisance vers l'extérieur », précise Rémi Chastenet. « On a aussi équipé le Sans Réserve d'un nouveau système son dans les deux salles de concert. Ça aura un impact significatif sur la manière dont les concerts seront vécus, sur l'expérience musicale globale. »

Des conditions d'accueil améliorées pour les artistes

Les conditions d'accueil des artistes ont été substantiellement améliorées. Une nouvelle loge, plus spacieuse et bénéficiant de la lumière naturelle, a été créée. Dans la partie extension, un espace de catering permet désormais aux artistes de se poser, de prendre un café ou de se restaurer entre les balances et leur concert. « Avant, on sortait juste des tables dans la grande salle, là où le public arrivait, on mangeait à la va-vite et ensuite, il fallait tout ranger. C'est bien plus confortable pour tout le monde aujourd'hui », confie le directeur.

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Une offre musicale élargie et diversifiée

L'offre musicale du Sans Réserve va évoluer avec cette réouverture, et ce changement ne sera pas uniquement dû aux nouveaux espaces. « On a retiré des choses positives du temps qu'on a passé sans lieu », explique Rémi Chastenet. « On a testé plein de choses hors les murs. On a vadrouillé. On a fait des concerts dans des jauges de 60 à 850 personnes, dehors, dedans, dans des endroits qui, parfois, n'étaient pas du tout prévus pour ça. On a expérimenté de nouveaux formats, des esthétiques et des styles qu'on ne portait pas forcément jusque-là. Je pense surtout au rap, à la musique électronique et au jazz, qui infuse toute la saison depuis qu'on a récupéré Macadam Jazz il y a quatre ans. »

La mission de défense des musiques actuelles se poursuivra avec une programmation toujours plus diversifiée. Le travail sur les projets émergents, notamment ceux d'artistes du département et de la région, sera accentué grâce à la nouvelle petite salle, le Club, d'une capacité de 180 places.

Une nouvelle politique tarifaire et des attentes élevées

La politique tarifaire a déjà évolué. Désormais, il est possible de s'abonner et de bénéficier de cinq à six concerts gratuits par an, de recevoir le programme en avance et d'avoir un accès privilégié aux concerts susceptibles d'afficher complet rapidement. Les abonnés profitent également d'un tarif réduit sur toutes les dates du Sans Réserve.

Quant à la question de savoir si le public sera au rendez-vous après toutes ces années, Rémi Chastenet se montre confiant : « On n'a pas vraiment peur. On sait que ce nouveau lieu est attendu. Nos homologues nationaux qui ont déjà traversé ces phases de travaux nous ont dit que la première année, il y avait un effet de curiosité et qu'il fallait capitaliser là-dessus. Ça va être ça l'enjeu : transformer l'essai avec les gens qui vont venir découvrir le lieu. »