Karim Kattan : l'écriture comme exorcisme
Karim Kattan : l'écriture comme exorcisme

Dans son dernier roman, l'écrivain palestinien Karim Kattan transforme la page en champ de bataille intime. Pour lui, écrire relève d'un exorcisme, une tentative de conjurer les démons de l'occupation et de l'exil. L'œuvre, publiée aux éditions de Minuit, explore les fissures de la mémoire et les silences de l'histoire.

Un exorcisme littéraire face à l'occupation

Karim Kattan, né en 1989 à Jérusalem, utilise la fiction pour déjouer les récits officiels. Dans son précédent livre, Le Palais des deux collines, il avait déjà esquissé cette démarche. Avec ce nouveau texte, il approfondit sa réflexion : l'écriture devient un rituel, une manière de purger les traumatismes collectifs et individuels.

L'auteur, qui vit entre Bethléem et Paris, confie : « Écrire, c'est faire sortir les fantômes. C'est un exorcisme. » Cette phrase résume son approche : la littérature comme acte de résistance et de soin. Ses personnages, souvent des êtres en marge, portent les stigmates d'une terre déchirée.

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Une œuvre entre mémoire et présent

Le roman mêle les temporalités, tissant des liens entre la Nakba de 1948 et les réalités contemporaines des Territoires palestiniens. Kattan y déploie une langue précise, poétique, qui capte les silences et les non-dits. Les critiques saluent une écriture « d'une grande intensité ».

L'ouvrage s'inscrit dans une scène littéraire palestinienne dynamique, aux côtés de voix comme Adania Shibli ou Maya Abu Al-Hayat. Kattan, également traducteur, contribue à faire connaître cette littérature en France.

Un acte politique et intime

Pour l'écrivain, chaque texte est une « archéologie du présent ». Il interroge la manière dont l'occupation modèle les corps et les esprits, et comment l'art peut offrir une échappatoire. Son engagement dépasse la page : il participe régulièrement à des ateliers d'écriture dans les camps de réfugiés.

Cette double pratique, personnelle et collective, confère à son œuvre une résonance particulière. Le roman, disponible en librairie depuis le 22 août, a déjà été salué par la critique comme l'un des événements littéraires de la rentrée. Karim Kattan poursuit ainsi son exploration d'une écriture qui, dit-il, « panse les blessures sans les refermer ».

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