Hugo Lindenberg clôt sa trilogie avec 'Les Années souterraines'
Hugo Lindenberg clôt sa trilogie avec 'Les Années souterraines'

Hugo Lindenberg achève sa trilogie avec 'Les Années souterraines'

Le roman 'Les Années souterraines' de Hugo Lindenberg, publié aux éditions Flammarion, marque la conclusion d'une trilogie littéraire débutée avec 'Un jour ce sera vide' (prix du livre Inter 2021) et poursuivie avec 'La Nuit imaginaire' en 2023. Cette œuvre de 272 pages est disponible au prix de 21 euros en version papier et 15 euros en format numérique.

Une exploration du silence et des secrets familiaux

Bien qu'aucune preuve formelle ne l'atteste, les narrateurs anonymes de ces trois romans partagent avec l'auteur une expérience tragique commune : la perte de leur mère durant l'enfance, par un suicide longtemps dissimulé. Ces personnages ont grandi entourés de non-dits et de mystères, comme si l'écrivain creusait ses récits dans le silence qui leur fut imposé.

Chaque phrase semble arrachée à cette absence de mots, sculptée avec une obstination patiente face à un mystère qu'elle ne cherche pas à forcer. Ce mélange de précision sensible et de lyrisme confère à ces textes une puissance parfois éblouissante, particulièrement palpable dans 'Les Années souterraines'.

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L'évolution d'un narrateur vers l'âge adulte

La force particulière de ce dernier opus naît de la cohabitation entre élans poétiques et quête de sobriété, reflétant la maturation du narrateur désormais quadragénaire. Alors que les précédents volumes donnaient la parole respectivement à un garçon de 10 ans et à un jeune homme dans sa vingtaine ardente, celui-ci présente un homme ayant finalement atteint le statut d'adulte fonctionnel.

Peu de choses semblaient pourtant le prédestiner à cette normalité : sa mère est décédée trois semaines avant son sixième anniversaire, le laissant brutalement confié à un père qu'il connaissait à peine. Cet intellectuel s'est révélé incapable de lui témoigner de l'affection ou même de lui faire une place dans son appartement crasseux du 15e arrondissement parisien.

Un retour aux sources douloureux

Le narrateur a 'croupi' dans ce lieu durant ce qu'il nomme son 'enfance troglodyte', avant de parvenir à s'en échapper à l'adolescence. Devenu architecte, il a quitté la France pour les États-Unis, sans jamais renouer de liens significatifs avec son père, pas même lorsque ce dernier approchait de la mort.

Dix ans après ce décès, le fils revient à Paris avec l'intention de vendre cet 'endroit haï', espérant que cette confrontation lui permettra de prendre une décision cruciale : celle d'avoir un enfant avec son épouse. Ce retour aux sources déclenche une remontée de souvenirs longtemps enfouis, explorant avec une intensité rare les cicatrices de l'enfance et les chemins tortueux de la reconstruction.

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