L’autrice de manga taïwanaise Gao Yan, figure montante de la bande dessinée asiatique, affirme que son devoir est de faire connaître Taïwan pour que les gens s’intéressent à son île natale. Dans un entretien au Monde, elle revient sur son parcours et ses engagements.
Un parcours singulier
Née en 1985 à Taipei, Gao Yan a grandi dans une famille modeste. Sa passion pour le dessin l’a poussée à étudier les beaux-arts, puis à se lancer dans le manga, un genre encore peu développé à Taïwan. « Quand j’ai commencé, il n’y avait presque pas de marché pour le manga taïwanais », explique-t-elle. Aujourd’hui, ses œuvres sont traduites en plusieurs langues.
Des œuvres engagées
Ses mangas, comme « Le Chant de l’île » ou « Les Racines du vent », mêlent fiction et réalité historique. Elle y aborde des thèmes comme l’identité taïwanaise, la colonisation japonaise ou les relations avec la Chine. « Je veux montrer la diversité de Taïwan, sa culture unique, ses paysages, sa cuisine », dit-elle. Selon elle, le manga est un moyen accessible de toucher un large public.
Un succès croissant
En 2025, son œuvre « Le Chant de l’île » s’est vendue à plus de 200 000 exemplaires à Taïwan et au Japon, un record pour une autrice taïwanaise. Ce succès lui a valu une invitation au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême en 2026. « C’est une reconnaissance immense », confie-t-elle.
Un devoir de mémoire
Gao Yan insiste sur l’importance de transmettre l’histoire de Taïwan. « Beaucoup de jeunes Taïwanais ne connaissent pas leur propre histoire. Mon devoir est de la leur raconter, mais aussi de la faire connaître au monde », affirme-t-elle. Elle espère que ses mangas contribueront à une meilleure compréhension de Taïwan à l’étranger.
Des projets futurs
L’autrice prépare actuellement une nouvelle série qui explorera les liens entre Taïwan et les communautés chinoises d’outre-mer. Elle souhaite également collaborer avec des auteurs étrangers pour créer des ponts culturels. « Le manga est un langage universel », conclut-elle.



