Dans un entretien au Monde, le réalisateur Tom Fontenille tire la sonnette d’alarme face à la concentration des médias orchestrée par Vincent Bolloré. Selon lui, si le groupe Vivendi continue d’absorber les structures de production et de distribution, « un certain pan du cinéma indépendant n’existera plus ».
Un constat alarmant pour le cinéma d’auteur
Tom Fontenille, dont le dernier film a été produit par une petite structure indépendante, dénonce une logique industrielle qui étouffe la création. Il explique que les grands groupes privilégient les blockbusters et les films grand public, au détriment des œuvres plus fragiles qui font la richesse du cinéma français.
Des exemples concrets de la mainmise de Bolloré
Le réalisateur cite plusieurs cas où des films indépendants ont vu leur distribution réduite ou leur financement compromis après le rachat de sociétés par Vivendi. Il pointe notamment le rachat d’Editis, de Lagardère et de la chaîne Canal+, qui donne à Bolloré un pouvoir démesuré sur la chaîne du livre et de l’audiovisuel.
« Quand un seul homme contrôle l’édition, la presse, la télévision et le cinéma, la diversité des voix est menacée », affirme Fontenille. Il appelle les pouvoirs publics à intervenir pour garantir un espace aux productions indépendantes.
Un appel à la régulation
Tom Fontenille ne se contente pas de critiquer : il propose des pistes concrètes, comme le renforcement des obligations de diffusion pour les films indépendants sur les plateformes, ou la création d’un fonds de soutien spécifique. Il estime que sans une intervention rapide, le paysage cinématographique français risque de s’uniformiser.
La réaction du milieu cinématographique
Plusieurs professionnels du secteur partagent son inquiétude. Certains producteurs témoignent de difficultés croissantes à boucler leurs budgets, tandis que des distributeurs redoutent de voir disparaître les salles spécialisées dans le cinéma d’art et d’essai. Une pétition circule déjà pour demander une enquête parlementaire sur les pratiques de Vivendi.
Pour Tom Fontenille, l’enjeu dépasse le simple cadre économique : « C’est une question de démocratie culturelle. Si on laisse faire, on perdra notre exception culturelle française. »



