FIRN à Frontignan : humour noir et carnaval déjanté au programme
FIRN à Frontignan : humour noir et carnaval déjanté

Festival international du roman noir à Frontignan : rira bien qui survivra au programme

Au FIRN, les auteurs sont à la portée de tous les publics. Frontignan accueille les 29 et 30 mai la 29e édition du Festival international du roman noir, avec pour thème cette année “Rira bien qui dira le dernier…” Tout un programme.

Vingt-neuf ans déjà

Vingt-neuf ans déjà que l’équipe du Festival international du roman noir (FIRN) déploie des trésors d’imagination pour apporter sur un plateau, dans tous les sens du terme, ce qui se fait de mieux en matière de roman noir. “Nous avons été le premier festival à donner la parole à des auteurs de polar, un genre considéré longtemps comme la lie de la littérature. C’est pour cela que nous avons la réputation d’être un festival iconoclaste et un peu punk, d’autant que l’on propose des manières différentes de parler et d’utiliser le livre”, rappelle Yves Jaumain, responsable du FIRN.

Cette année, quinze auteurs venus de France, Belgique, Italie, Maroc, Espagne et États-Unis, gloires confirmées ou talents en embuscade, auront à plancher sur une question qui mérite que l’on s’y arrête : dans un monde où tout fout le camp, le roman d’humour noir a-t-il encore le droit de ricaner ? Le thème retenu, “Rira bien qui rira le dernier…”, fait écho à celui d’il y a dix ans, “Mort de rire”. Un retour assumé par l’actualité littéraire du roman d’humour noir, une année d’élections locales où les occasions de rire ont été rares, et un état du monde qui donne plutôt envie de tirer les rideaux que des feux d’artifice.

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Du nouveau sous le soleil noir

Pour la première fois, une journée entière sera consacrée aux agents des bibliothèques et médiathèques, aux libraires et autres maillons essentiels de la chaîne du livre accueillis à l’auditorium de la médiathèque Montaigne. Au programme : la découverte du polar arabe portée par deux voix de la nouvelle scène marocaine, Hicham Lasri et Zainab Fasiki.

L’autre nouveauté, du moins dans sa déclinaison, est un atelier d’écriture au format baroque – 22h22min2s – dans lequel quatorze Frontignanaises auront la haute mission de rédiger collectivement une nouvelle d’exactement 22 222 signes autour du personnage créé par Michèle Pedinielli, Maggie, une octogénaire quelque peu caractérielle, ayant un penchant pour le rhum et les cigares, et propriétaire d’un Glock 17. Rien que ça.

À découvrir aussi l’exposition “Nuit et Jour” consacrée au sensationnalisme de la presse des années 1950, à la salle Izzo, montée en partenariat avec les universités de Paul-Valéry de Montpellier et de Nîmes. Des visites ludiques et immersives, ateliers d’écriture, jeu d’enquête promettent de replonger dans les coulisses sulfureuses de ces magazines à scandale de l’après-guerre.

Autres temps de partage autour du livre

Le reste du festival se déroulera selon les rituels qui font son sel dont les rencontres avec les auteurs à la médiathèque Montaigne et sous la tente nomade, place du Contr’un, pour rire de tout avec eux. Aucun sujet ne sera mis sous le tapis, même les plus durs et sérieux, lors de ces rencontres, d’apérobooks et de jeux interactifs. En parallèle, des lectures publiques et des performances en création originale seront l’occasion de découvrir un roman ou un texte court d’une autre façon. Des ateliers dessins et d’arts plastiques avec les auteurs seront le moment de tomber le masque et de flirter avec des vampires. Concours de nouvelles, dictée noire, jeux de pistes finiront de pimenter ces deux jours où rira bien qui rira le dernier…

Carnaval à Mertvecgorod

Ne cherchez pas la ville de Mertvecgorod sur une carte, vous ne la trouverez pas. En revanche, si vous ouvrez un des livres de Christophe Siébert, l’auteur du cycle “Mertvecgorod”, vous y tomberez tout de suite dessus. Mertvecgorod, c’est la ville-État imaginaire du côté de l’Europe de l’Est, mais vraie poubelle du monde que Christophe Siébert décline dans sept de ses romans puzzle. Lui qui n’avait jamais animé un atelier d’écriture s’est vu confier 56 heures avec 67 adultes ou jeunes frontignanais pour créer avec eux leur personnage de carnaval.

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En parallèle, les participants de l’atelier ont conçu avec deux artistes plasticiens (Sarah Mordicus Fistole et David DH Duart) leur masque personnel à partir d’éléments de récupération et de déchets après les avoir ramassés en bord de plage ou du canal en collaboration avec le CPIE Littoral d’Occitanie. Ils ont été ensuite formés durant quatre à six heures par groupe, à la lecture à voix haute de leur portrait carnavalesque par Lizzy Ling et Thomas Andro, puis enregistrés par Manon Millon. Une sarabande, à voir et à écouter, de 67 personnes, qui mêle corps et âme, et incarne un carnaval imaginaire redisant la puissance du masque dans l’inversion des normes.

Leur travail de sortie d’ateliers sera présenté le vendredi 29 mai, à 14 h 15, espace Westlake, place du Contr’un. Une exposition sonorisée des masques se tiendra du 29 mai au 16 juin à la médiathèque Montaigne de Frontignan. Festival entièrement gratuit. Programme complet à retrouver sur www.frontignan.fr/firn-2026