Fabrice Capizzano, l'apiculteur romancier, dévoile son roman 'Une Salamandre à l'oreille'
Fabrice Capizzano : un roman sur l'amour, le deuil et les abeilles

Fabrice Capizzano, de l'apiculture à la littérature : un parcours unique

Dans une interview exclusive, Fabrice Capizzano, auteur drômois et ancien apiculteur, dévoile les secrets de son troisième roman, Une Salamandre à l'oreille. Ce récit, à la fois drôle, décalé et émouvant, explore des thèmes universels comme l'amour fou, la famille, le deuil, l'amitié et, bien sûr, les abeilles. Publié aux éditions Au Diable Vauvert, ce livre de 352 pages est en lice pour la sixième édition du prix Habiter le monde, un prix littéraire lancé par Midi Libre et la librairie Sauramps de Montpellier.

L'histoire de Samuel : un homme à la croisée des chemins

Le roman met en scène Samuel, un ancien auteur devenu apiculteur après la mort de sa femme, Diane. Avec ses trois enfants et ses ruches, il tente de survivre dans un village du Vercors, confronté aux défis de la parentalité et aux aléas climatiques qui menacent ses abeilles. "Ce roman, c'est un peu le parcours d'un homme qui n'a que la force d'essayer de traverser la vie sans tomber", explique Capizzano. Depuis la perte de son amour, Samuel ne parvient plus à écrire par culpabilité et élève ses enfants tant bien que mal, tout en luttant contre les caprices de la météo et l'état du monde qui le rendent vulnérable.

Les inspirations derrière le récit

L'histoire est née d'une combinaison de personnages et d'événements extérieurs. Une salamandre qui a rendu visite à l'auteur à deux reprises est devenue un personnage clé du roman, symbolisant un message mystérieux. De plus, un veuvage dans son entourage a inspiré Capizzano à explorer les conséquences de la perte d'un être cher. L'auteur a également voulu aborder des sujets qui lui tiennent à cœur : l'écriture, l'apiculture, la vie rurale et les enfants. À travers quatorze chapitres inspirés du monde des abeilles, le lecteur suit une année de la vie de Samuel et une saison d'apiculture, offrant un aperçu poignant des angoisses de l'apiculteur face au déclin des colonies.

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La passion des abeilles : un ancrage dans le réel

Fabrice Capizzano partage une passion profonde pour les abeilles, ayant lui-même été apiculteur pendant de nombreuses années. "Ces petites bestioles volantes ont l'incroyable capacité de vous ancrer profondément dans le réel", affirme-t-il. Il souligne que l'apiculture l'a aidé à mettre son ego à distance et à apprendre des leçons de vie précieuses sur la position de l'homme au sein du vivant. Contrairement à Samuel, qui est passé de l'écriture à l'apiculture, Capizzano a suivi le chemin inverse, mais il trouve dans cette activité un ancrage essentiel pour son travail d'auteur.

Un message écologique sans prosélytisme

Bien que le roman aborde les périls qui menacent les abeilles, Capizzano évite soigneusement tout discours militant. "Je voulais toucher le lecteur sur le péril qui les menace, mais sans tomber dans un discours militant", explique-t-il. Il préfère montrer la poésie de la nature, du nectar, des couleurs et des pollens, plutôt que de culpabiliser le lecteur. Pour lui, l'important est de partager l'émerveillement face aux capacités des abeilles et de réfléchir à notre relation avec l'environnement, sans injonctions morales.

Habiter le monde : une quête d'absolu

Le titre du prix, Habiter le monde, résonne fortement avec les thèmes du roman. Capizzano s'interroge sur la manière dont nous habitons le monde et comment le monde nous habite en retour. "Diane habite le cerveau et la mémoire de Samuel", illustre-t-il, en évoquant l'autre sens du mot habiter. Il se décrit comme un "putain de Don Quichotte", prêt à se battre contre des moulins à vent par conviction, mais souligne que l'urgence est de perpétuer, pour les générations futures. Obsédé par la fugacité de la vie, il croit que notre passage sur terre doit être mis au service d'un collectif, une question essentielle à ses yeux.

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Le prix Habiter le monde et la sélection littéraire

Pour la sixième édition du prix Habiter le monde, cinq livres sont en compétition, dont Une Salamandre à l'oreille. Les autres ouvrages sélectionnés incluent On ne verra pas les fleurs le long de la route d'Eric Pessan, Le ciel l'a mauvaise d'Elea Marini, Les habitantes de Pauline Peyrade, et Les années souterraines de Hugo Lindenberg. Ce prix vise à récompenser un auteur qui témoigne de l'art d'habiter le monde face aux changements sociétaux et climatiques. Fabrice Capizzano espère que son roman, riche en émotions et en réflexions, saura toucher les lecteurs et les jurés.