La robe que « La Môme » portait lors de l’Olympia de 1958 est exposée en la Chapelle du Bon Pasteur à Draguignan. L’exposition « Autour d’Édith Piaf » sera inaugurée samedi au travers d’une visite guidée. Une collection de pièces inédites ayant appartenu à l’artiste est à découvrir jusqu’au 27 juin.
Un hommage à la Môme
L’hymne à l’amour, Padam Padam, Non, je ne regrette rien… Combien de titres incontournables résonnent encore et toujours dans la tête des fans d’Édith Piaf ? Décédée à l’âge de 47 ans, le 10 octobre 1963, l’interprète de L’homme à la moto s’en est allée laissant derrière elle un patrimoine musical immense.
Soixante-trois ans plus tard, Dracénie Provence Verdon agglomération (DPVa) rend hommage à la chanteuse en présentant son œuvre, mais aussi son histoire dans une exposition qui s’étend sur trois lieux culturels du territoire : la médiathèque de Salernes, le Pôle culturel Chabran et la Chapelle du Bon Pasteur (ou artothèque) à Draguignan. Affiches, écrits intimes, photographies inédites en couleur ou en noir et blanc, représentant Piaf au sommet de son art… De véritables trésors sont exposés depuis le 4 avril.
Une collection de 6 000 pièces
Beaucoup de pièces sont issues de la collection personnelle d’Anthony Berrot, tapissier de 54 ans et passionné par l’artiste depuis son plus jeune âge. « J’avais 12 ans lorsque j’ai découvert Édith Piaf, je l’écoutais sur le phonographe de mon grand-père. J’étais intrigué par sa voix, sa puissance et son charisme. Je connaissais tout par cœur. J’ai ensuite commencé à collectionner des archives en secret pour ne pas passer pour un extraterrestre auprès de mes amis qui écoutaient du Depeche Mode… [Rire] Quand on a 12 ans, on ne peut pas écouter un truc pareil ! », contextualise le Marseillais.
Pourtant, le jeune homme qu’il était récupère tout ce qu’il trouve. À ce jour, il a rassemblé plus de 6 000 pièces qui font référence à la carrière et à la vie de celle que l’on surnommait « La Môme Piaf ». Parmi elles, une cinquantaine de robes « authentifiées » dont trois sont actuellement exposées en la Chapelle du Bon Pasteur : « Il y a celle qu’elle a portée pour l’Olympia en 1958 où elle a effectué plus de 100 représentations. C’est juste exceptionnel ! », s’exclame le passionné.
Entre autres documents présentés, des affiches et des couvertures de magazines. « Édith Piaf en a fait 240. Avec Marilyn Monroe et Brigitte Bardot, ce sont les trois femmes qui en ont fait le plus dans le monde », assure-t-il. Grâce à sa collection personnelle, une dizaine d’expositions ont déjà pu voir le jour en France.
« Plus jeune, j’allais aux puces de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) pour trouver des choses sur elle. J’ai aussi eu la chance de rencontrer sa secrétaire Danielle Bonel ainsi que son mari, Marc Bonel. Il fut l’accordéoniste d’Édith Piaf, de 1947 à 1963. Nous sommes devenus très proches ».
L’homme dévoile ainsi des facettes méconnues de la vie de l’immense artiste : « Édith est née à l’hôpital et non pas dans la rue, comme on a pu le raconter. J’ai trouvé des photos longtemps restées cachées d’elle avec son père. Ses parents, qui ne manquaient pas d’argent, voulaient en faire une chanteuse dès 1923… S’il est vrai qu’Édith a eu un problème aux yeux, elle n’a jamais été aveugle. »
Pas de musée en France
Disques, enregistrements inédits témoignent aussi de la carrière de la chanteuse qui s’intéressait au travail d’artistes français et internationaux. « Elle aimait le rock’n’roll et collectionnait beaucoup de disques. C’est la première à avoir fait des vinyles en 33 tours en France. Elle était très en avance sur son temps. »
Le passionné, qui pourrait évoquer la vie d’Édith Piaf pendant des heures, regrette cependant qu’il n’existe aucun musée en France pouvant rendre hommage à l’artiste. « Ça fait 40 ans que je collectionne et j’attends toujours l’ouverture d’un musée. À chaque fois qu’on me fait des propositions, (Hongrie, Corée du Sud etc.), ce n’est jamais ici. Si on me le propose en France, je ferai don de toute ma collection », assure Anthony Berrot.
L’exposition de collages poétiques contemporains réalisée par l’artiste Éléonore Dadoit Cousin est visible à la Chapelle du Bon Pasteur, des photos de Danielle Bonel sont exposées au Pôle Culturel Chabran et des photos d’archives rares de Charles Sinclair sont visibles à la médiathèque de Salernes. En outre, un atelier en art floral japonais à l’effigie de l’univers de Piaf se tiendra le 6 juin de 14 heures à 17 heures, à la Chapelle du Bon Pasteur.



