Les Escales du livre à Darwin : un succès populaire malgré la crise de l'édition
Escales du livre : succès malgré crise édition

Les Escales du livre à Darwin : un succès populaire malgré la crise de l'édition

Les Escales du livre, organisées à Darwin à Bordeaux, accueillent un public de fervents lecteurs venus soutenir le monde de l'édition, actuellement en crise. Après un regain de ventes pendant la pandémie de Covid, le secteur connaît une chute libre, avec une baisse de 1,5% du chiffre d'affaires des éditeurs en 2024. « La littérature est parfaitement inutile : sa seule utilité est qu'elle aide à vivre », déclarait l'écrivain Claude Roy. C'est précisément pour promouvoir cette salvatrice « inutilité » que Les Escales du livre font le plein ce week-end.

Un salon majeur pour l'échange et la promotion

Plus grand salon du livre bordelais, organisé à Darwin pour la seconde année consécutive et se poursuivant jusqu'à ce dimanche 29 mars, cet événement constitue un moment privilégié d'échanges entre éditeurs, auteurs et lecteurs curieux, qui déambulent dans les travées de la manufacture Darwin. Ariane Lefauconnier, 31 ans, co-créatrice de la maison d'édition 10 pages au carré basée à Paris, explique que son concept simple – dix pages en format carré – vise à promouvoir « de nouvelles voix venues des jeunes générations ». Elle assure que « le milieu est toujours rempli de créativité », tout en reconnaissant que l'économie de l'édition « peut s'expliquer par le contexte général ».

Des éditeurs indépendants face à la précarité

Malgré la crise, certains aventuriers se lancent dans ce défi. Camille Sarrat, 34 ans, a fondé l'Arlève, une maison d'édition indépendante basée à Toulouse, en 2024 après son retour du Québec. Elle affirme que « deux livres ont été édités et un autre est en préparation », avec pour orientations de mettre en avant les artistes du Sud-Ouest et d'Europe de l'Est. Cependant, elle souligne que l'édition est « un milieu très précaire, on n'en vit pas. Donc je jongle en étant salariée dans l'édition ».

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Associations et auteurs locaux résilients

La crise ne touche pas uniformément tous les acteurs. David Schnée, 48 ans, créateur de l'association bordelaise Nouvelle Traces fondée en 2017, explique que « le but n'est pas de faire du profit mais de promouvoir et diffuser des auteurs ». Poète publiant depuis 2019, il n'est pas impacté par le ralentissement des ventes, car ce n'est pas son modèle économique. Il décrit Les Escales du livre comme « la grande messe de l'édition à Bordeaux », essentielle pour la visibilité des auteurs locaux.

Sur le stand communautaire « Espaces Marx », Jean-François Meekel, ancien journaliste et auteur, présente un livre basé sur des entretiens avec des parties civiles lors du procès de Maurice Papon, organisateur de la déportation des juifs vers Drancy pendant la Seconde Guerre mondiale.

L'inquiétude des jeunes professionnels

Malgré les difficultés, le métier continue d'attirer. À Bordeaux, des étudiants en master Édition présentent leur formation et des ouvrages publiés les années précédentes. Juliette Chamart, 22 ans, exprime une lucidité inquiète : « Tout le milieu de la culture ne va pas bien actuellement. Bien sûr que nous sommes inquiètes pour l'avenir. »

Le boom du livre d'occasion

Le monde de l'édition doit également composer avec le marché du livre d'occasion, en plein essor : il représente désormais 20% des ventes, contre 14% en 2014. À Darwin, une antenne Emmaüs propose en permanence des livres de poche à cinquante centimes. Salomé, une jeune femme en polaire rouge, avoue acheter principalement des livres d'occasion pour des raisons financières et écologiques, ajoutant avec un sourire : « Les notes que les gens laissent dans les livres, c'est génial ! »

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