« Dry Leaf » : éloge du ballon imprévisible et de l’errance au cinéma
« Dry Leaf » : ballon imprévisible et errance au cinéma

Le film « Dry Leaf », présenté en avant-première au Festival de Cannes 2026, fait l’éloge de la trajectoire imprévisible du ballon de football et de l’errance comme moteur de création cinématographique. Le réalisateur, interrogé par Le Monde, explique que cette œuvre explore le hasard et l’improvisation, tant dans le sport que dans l’art.

Un hommage au hasard et à la liberté

« Dry Leaf » suit un jeune joueur de football qui, après une blessure, se lance dans un voyage à travers l’Europe. Le film mêle documentaire et fiction, avec des scènes tournées en plans-séquences dans des stades vides et des terrains de banlieue. Le réalisateur précise : « Le ballon de foot a une vie propre, il est imprévisible. C’est cette liberté que j’ai voulu capturer. »

Le titre fait référence à une technique de tir où le ballon suit une trajectoire courbe, comme une feuille morte. Selon le réalisateur, « c’est une métaphore de l’errance : on ne sait jamais où le vent nous mène ». Le film a nécessité deux ans de tournage, avec une équipe réduite et peu de moyens.

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L’errance comme méthode de travail

Le réalisateur revendique une approche non linéaire : « J’ai écrit le scénario en marchant, en observant les gens. Chaque jour, je décidais de la direction à prendre. » Cette méthode a donné naissance à des scènes improvisées, comme celle où le héros rencontre un gardien de but retraité dans un parc. « C’est le fruit du hasard, mais aussi d’une écoute attentive du monde », ajoute-t-il.

Le film a été sélectionné dans la section « Un certain regard » du Festival de Cannes, où il a reçu un accueil mitigé. Certains critiques saluent son audace formelle, d’autres regrettent un manque de structure. Le réalisateur assume : « Je préfère un film vivant qu’un film parfait. »

Un parallèle entre sport et cinéma

« Dry Leaf » établit un parallèle entre le football et le cinéma : « Dans les deux cas, il s’agit de créer du sens à partir du chaos. Un match, comme un film, est une succession d’imprévus. » Le film inclut des images d’archives de matchs célèbres, où le ballon a déjoué les pronostics.

Le réalisateur cite le philosophe Gilles Deleuze, pour qui « l’image-mouvement » est au cœur du cinéma. « Le ballon est l’image-mouvement par excellence », dit-il. Le film a été tourné en 16 mm, pour donner une texture granuleuse et authentique.

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