Jean-Luc Kerebel reconstitue le parcours d’un soldat condamné pour l’exemple après les mutineries de la Première Guerre mondiale. L’affaire Vincent Moulia a traîné plus que la guerre, avec moult rebondissements. Ce paysan landais, natif de Nassiet, en Chalosse, a suscité de vives controverses dans l’histoire militaire.
Un parcours hors du commun
Mobilisé à Pau, plusieurs fois blessé, en régiment sur le damné Chemin des Dames, promu caporal, promis à la Croix de guerre. Malgré tout, le voilà convoqué devant le conseil de guerre. Condamné à mort avec quatre camarades béarnais. Enfermé avec ses comparses dans un silo à betteraves en attendant son exécution, Moulia réussit à s'évader. Commence une vie furtive, dans les Landes, au Pays basque espagnol, d’où la guerre civile le fait fuir, puis à Bordeaux.
Un homme secret
Le personnage est si secret que sa mention au « répertoire des salauds » ne lui arrache pas trois mots. En 1979, après une émission choc d’Alain Decaux, Michel Rocard lui octroie la décoration gagnée à Craonne. C’est le seul mutin des armées de Pétain à avoir échappé au peloton d'exécution. Il est mort à Orthez (64) en 1984.
L’ouvrage « L’Incroyable Destin de Vincent Moulia », de Jean-Luc Kerebel, est publié aux éditions Le Papillon rouge, 200 pages, au prix de 19,90 €. Ce livre plonge le lecteur dans une époque troublée et rend hommage à un homme qui a défié la mort.



