« De femme en femme » d’Hélène Couturier est l’un des cinq romans en lice dans le cadre de Lire en poche. Ce roman à l’écriture hypnotique met en scène Ilyas, un professeur de sport de combat dont l’amour des femmes semble se heurter à un réel désenchanté. Lorsqu’il rencontre Élodie, une policière des stups, tout bascule.
Une influence de Jim Thompson
Page après page, le lecteur rôde autour des mânes de Jim Thompson. Mais à la différence du shérif sociopathe imaginé par l’Américain dans « Le Démon dans ma peau », Hélène Couturier raconte la transe d’une victime dont la raison vacille. Ilyas est hanté par l’Enfoiré, son propre père, le bourreau de sa mère. L’autrice relève le défi faulknérien d’estomper la rationalité du lecteur en imposant le point de vue brumeux du narrateur et l’arrière-plan mélodique d’une playlist qui va de Céline Dion à Stromae, en passant par toutes les couleurs du jukebox.
La mémoire défaillante
« Toujours quelques paroles qui expriment ce que tu vis à un moment précis de ta vie, toujours quelques mots qui t’accompagnent. Je chante aussi mal que je danse bien. Pas grave. Puisque je danse en public mais que je chante en privé. Le plus souvent, entre moi et moi. Dans ma voiture. Ou bien je fredonne en dansant quand ma voix est déjà couverte par une autre voix. »
La mort d’Élodie est le point de fuite où le regard d’Ilyas se perd. Même si le thème de la mémoire qui flanche est connu, Hélène Couturier le peaufine avec brio. Avec « Fils de femme », elle était devenue en 1996 la première autrice de la collection Rivages noir. Dans son dernier roman, « Un homme raisonnable », elle propose une incursion passionnante dans le milieu de l’art.
« De femme en femme », d’Hélène Couturier, éd. Rivages/Noirs, 208 p., 9 €. Votez jusqu’au 5 juillet sur lireenpoche.fr/votez-pour-le-prix-du-polar-2026 pour le roman de votre choix. Un tirage au sort parmi les votants désignera trois gagnants qui seront récompensés lors de la soirée d’ouverture du salon Lire en poche le 9 octobre à Gradignan (33).



