Il y a un demi-siècle : la chronique des désillusions d'un primo-romancier
Dans les archives du Nouvel Observateur, une chronique publiée le 3 mai 1976 revient sur les espoirs douchés d'un auteur débutant. Sous la plume gentiment moqueuse de Jean-François Josselin, le texte relate le parcours semé d'embûches d'un primo-romancier, depuis le coup de foudre initial pour son manuscrit jusqu'à la décision de céder comme vieux papier 1 100 exemplaires de son ouvrage.
Une plume acérée nourrie d'expérience
Jean-François Josselin, qui publiait alors son quatrième roman en 1976, puise sans doute dans sa propre expérience pour décrire avec humour les désillusions du monde de l'édition. L'écrivain et journaliste, disparu en 2003, continuera d'écrire dans le Nouvel Observateur jusqu'à la fin de sa vie, tout en publiant six autres romans après celui de 1976.
À cette occasion, Jérôme Garcin dressera un portrait éloquent de Josselin, le qualifiant d'"enfant naturel de Jean Genet et de la comtesse de Ségur, un cœur de porcelaine sous un débardeur de docker". Il ajoutera cette formule mémorable : "Cher Jean-François, tu étais le Charles Trénet de la critique".
La réalité cruelle de l'édition
La chronique de Josselin met en lumière plusieurs aspects de la condition d'auteur débutant :
- L'enthousiasme initial des éditeurs qui peut rapidement s'émousser
- Les promesses non tenues et les espoirs déçus
- La réalité économique implacable du monde de l'édition
- Le destin souvent cruel des ouvrages qui ne trouvent pas leur public
Ce texte, à la fois amusant et poignant, reste d'une étonnante actualité près de cinquante ans après sa publication. Il continue de résonner avec les expériences de nombreux auteurs contemporains qui découvrent les réalités parfois brutales du marché du livre.
La chronique originale, publiée dans le cadre des archives du BibliObs, offre un témoignage précieux sur le monde littéraire des années 1970 tout en abordant des thèmes intemporels concernant la création artistique et ses désillusions.



