Arménie : la mémoire du Haut-Karabakh portée par les écrivains
Arménie : la mémoire du Karabakh par les écrivains

Depuis la guerre de 2020, la mémoire du Haut-Karabakh est devenue un enjeu littéraire majeur en Arménie. De nombreux écrivains, à Erevan et dans la diaspora, s'attachent à transmettre le souvenir de cette région perdue, à travers romans, poèmes et essais. Selon l'écrivain et critique littéraire Armen Ohanyan, « la littérature est devenue un refuge pour une mémoire menacée d'effacement ».

Une génération d'écrivains engagés

Parmi eux, la romancière Narine Abgaryan, dont le livre « Siméon et les autres » évoque avec tendresse les paysages du Karabakh, a vu ses ventes exploser après le conflit. Son éditeur à Erevan rapporte une augmentation de 40 % des ventes de livres sur le sujet entre 2021 et 2023. De jeunes auteurs, comme Tigran Gevorgyan, publient des recueils de nouvelles inspirés de témoignages de réfugiés, recueillis dans les camps de la région de Syunik.

Un devoir de mémoire collectif

Cette production littéraire s'inscrit dans une démarche plus large de préservation de la culture arménienne. Le ministère de l'Éducation a d'ailleurs intégré des extraits de ces œuvres dans les programmes scolaires, afin que les nouvelles générations connaissent l'histoire de cette terre. Des lectures publiques sont organisées chaque mois à la bibliothèque nationale d'Erevan, attirant un public nombreux, souvent ému aux larmes.

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La diaspora comme relais

La diaspora arménienne joue également un rôle clé. À Paris, la librairie Le Divan, spécialisée dans la littérature arménienne, a vu ses commandes de livres sur le Karabakh tripler depuis 2020. Son gérant, Jean-Paul Kebabdjian, explique : « Les lecteurs veulent comprendre, et les écrivains répondent à ce besoin avec des récits puissants et authentiques. »

Un avenir incertain

Malgré cet engouement, les écrivains restent lucides sur l'avenir. Beaucoup estiment que la mémoire seule ne suffira pas à faire revenir le Karabakh, mais qu'elle est essentielle pour préserver l'identité arménienne. Comme l'écrit Abgaryan dans son dernier ouvrage : « Tant que nous écrirons, nous existerons. »

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