Qui a tué Thomas de Lazcano ? Entre Pays basque et Landes, le major de gendarmerie Goya va découvrir que de sales blessures n'ont pas su se refermer. « Ça puait la bourgeoisie des écarts qui vivait encore sur les bons vieux principes des siècles passés. » Le major de gendarmerie Goya ne croit pas si bien dire.
Un roman noir ancré dans le Sud-Ouest
Dans « La belle sera partout », Jean-Michel Mariou défouraille sur toutes les lâchetés pour restaurer l’honneur d’une gamine qui l’a perdu en croyant découvrir l’amour. Parce qu’au milieu des années 1990, « les hommes de T. […] ne savaient pas que la loi interdit de faire n’importe quoi avec les filles », Rose doit disparaître de ce bourg situé entre Pays basque et Landes.
Un crime qui réveille les fantômes du passé
Trente ans plus tard, Thomas de Lazcano – le jeune notable qui a forcé cette relation, l’a filmé puis diffusé dans le bus de son équipe de rugby, sous l’œil complice d’un curé – est découvert avec « une balle dans la tête, une balle dans les couilles ». À partir de ce cadavre trouvé sur un territoire où les armes d’ETA ont tardé à être rendues, Jean-Michel Mariou tisse une histoire tombée de la grande Histoire, pour dénoncer les sales blessures qui n’ont pas su se refermer.
Le roman explore les non-dits et les silences d’une société rurale où les notables faisaient la loi. Entre tensions familiales, secrets inavouables et vengeance différée, le major Goya mène une enquête qui le confronte à ses propres démons. L’auteur mêle habilement intrigue policière et critique sociale, dressant le portrait d’une France profonde où les apparences cachent des tragédies.
« La belle sera partout » est un polar qui tient en haleine tout en offrant une réflexion sur la justice, l’impunité et le poids du patriarcat. Jean-Michel Mariou signe un roman puissant, ancré dans les paysages du Sud-Ouest, où chaque recoin semble receler un secret. Une lecture recommandée pour les amateurs de romans noirs engagés.
« La belle sera partout », de Jean-Michel Mariou, éd. Cairn, 192 p., 13 €.



