Nina Métayer, l'excellence pâtissière au service d'une création de Pâques éphémère
Dans le fournil de La Rochelle où une équipe expérimentée s'affaire avec une précision méticuleuse, Nina Métayer supervise les ultimes préparatifs de sa collection de Pâques. Chaque mouvement est exécuté avec une rigueur absolue, fruit d'un savoir-faire éprouvé. « Notre travail repose sur la constance », affirme la cheffe pâtissière de 37 ans, doublement sacrée meilleure pâtissière du monde en 2023 et 2024. Elle souligne que ces distinctions « mettent en lumière ce métier exigeant », sans altérer pour autant les standards quotidiens de perfection.
Floraison, un entremets où la fragilité devient une force artistique
Au centre de cette collection printanière, l'entremets Floraison se distingue par sa délicatesse extrême. Son symbole ? Un papillon si finement réalisé qu'il paraît sur le point de s'envoler. « J'ai souhaité insuffler une dimension florale et aérienne », confie Nina Métayer. La réalisation de cette pièce demeure un défi technique considérable : « Sa fabrication requiert de nombreuses heures. Le papillon, pièce maîtresse, est sculpté manuellement, avec une fragilité qui le rend presque éphémère. »
Dans l'atelier, cette contrainte influence directement l'organisation du travail. « Nous sélectionnons les collaborateurs les plus minutieux et patients. Il est crucial qu'ils aient les mains peu chaudes, pour éviter toute fonte prématurée », explique la cheffe. Les papillons sont produits à partir de moules en silicone conçus par impression 3D, d'après des dessins originaux de son amie illustratrice Alexia.
Une symphonie de textures et d'arômes savamment orchestrée
L'entremets Floraison s'appuie sur une architecture gustative rigoureuse. Sa base est constituée d'un biscuit moelleux aux zestes d'orange, évoquant « une réminiscence de l'hiver », surmonté d'un croustillant praliné aux amandes et pignons de pin. « Le pignon de pin symbolise pour moi la lumière du soleil », précise Nina Métayer, qui y intègre une touche de fleur de sel de l'île de Ré.
Le cœur du dessert célèbre les notes florales avec un crémeux à l'osmanthus, une fleur aux accents d'abricot et de thé, apportant « une sensation réconfortante et légère ». L'ensemble est enveloppé dans une mousse bavaroise infusée aux baies de Sichuan vertes, pour une fraîcheur printanière. « Le printemps incarne l'éclosion et le renouveau », s'enthousiasme la pâtissière, elle-même née en mai.
La présentation finale est sublimée par un pochage de chantilly à l'osmanthus agrémenté de fleurs comestibles. Pour Nina Métayer, l'objectif est de rendre tangible le travail artisanal : « Je souhaitais que l'on perçoive le geste de l'artisan, que l'on devine la main qui sculpte avec amour. »
Une dégustation qui exige patience et respect du produit
Lors de la dégustation, la précision reste de mise. « Il est impératif de sortir l'entremets du réfrigérateur au moins vingt minutes avant de le servir. Trop froid, les saveurs subtiles seraient masquées », insiste-t-elle. Dans son laboratoire rochelais, entre production courante et créations d'exception, Nina Métayer défend une philosophie simple : un dessert doit allier une fabrication rigoureuse à une expression gustative claire et harmonieuse.
Floraison est disponible pour Pâques dans ses boutiques de La Rochelle et de Paris, offrant aux amateurs une expérience pâtissière unique où l'art et le goût se rencontrent.



