Arborant un foulard rose ou sans accessoires pour les puristes, les participants à la Foire au jambon de Bayonne ont, une nouvelle fois, répondu présent à cette célébration de la charcuterie locale qui se déroule jusqu’à dimanche 26 avril. Pour comprendre le succès d’un tel événement, « Sud Ouest » est allé à la rencontre des visiteurs du premier jour de foire, ce jeudi 23 avril.
Un rendez-vous ancré dans les traditions
« On aime bien la Foire au jambon parce que ce sont les premiers rayons du soleil qui arrivent, une bonne omelette au jambon avec des copains et un coup de rouge. Ça fait partie de nos traditions, de notre ADN quoi. » Voilà comment Antton, un enfant du pays aujourd'hui âgé de 68 ans, résume son expérience de ce rendez-vous des amateurs de bonne cochonnaille. Ce dernier faisait partie des matinaliers pour assister au concours du meilleur jambon fermier, premier temps fort de la Foire, jeudi 23 avril.
Mais parmi les quelque 400 000 visiteurs, la célébration de ce patrimoine culinaire reste-t-elle la préoccupation première des participants ? « Lorsqu’on appuie sur le bouton de ce genre de rendez-vous à Bayonne, tout s’embrase », constate Yves Ugalde, adjoint à la culture de la Ville.
Un public diversifié selon les jours
Juste derrière le site du concours, Coralie, 32 ans, et Elisabeth, 49 ans, deux autres Bayonnaises, ont sorti le chapeau Cochonou du Tour de France en clin d’œil au thème de la journée. « On vient depuis toujours, cela fait partie du folklore local », déclare la quadragénaire armée d’un sourire communicatif. Mais pour les deux femmes, ces quatre jours de célébration ont progressivement pris en notoriété ces dernières années. « J’entends de plus en plus de monde les qualifier de "petites Fêtes de Bayonne", poursuit Elisabeth. Le jeudi, ça va encore, mais ça grossit de plus en plus. » En disant cela, cette dernière fait référence à l’esprit festif.
Pour en limiter les effets, un arrêté municipal impose aux bars et restaurants d’interrompre leur activité dès une heure du matin. « Cette décision nous a beaucoup été reprochée, mais elle a été prise pour ne pas faire d’amalgame avec les Fêtes », termine-t-il.
Aurélie, animatrice du stand de la filière de porc Kintoa à la foire gourmande située sur l’esplanade Roland-Barthes, confirme : « Il est vrai que le public est très différent en fonction des jours. Le premier jour, on accueille surtout les scolaires et un public un peu plus âgé. Mais plus le week-end arrive, plus la moyenne d’âge est jeune. »
Un moment culturel avant tout
Jeanne, 22 ans, et son amie, venues spécialement d’Amiens, connaissent bien l’ambiance des ferias du Sud-Ouest. « Cette fois on a voulu changer de contenu, déclare Jeanne. On cherche quelque chose de plus traditionnel et culturel. » La Picarde n’est cependant guère au fait de l’événement. Le programme à portée de main sur son téléphone, cette dernière sait néanmoins dans quoi elle s’embarque. « On est surtout sûr que ça va être festif et joyeux ! »
Loin de vouloir écarter les visiteurs venus d’ailleurs, l’adjoint à la culture souhaite la bienvenue à tous. « Si des gens d’Amiens viennent nous rejoindre, c’est qu’il doit se passer quelque chose de particulier à Bayonne et c’est très bien comme cela. Mais ce qu’il convient de dire à ces jeunes filles, c’est que si elles arrivent ici pour boire un coup à partir de 20 heures, alors elles n’ont rien compris de ce qu’est la Foire au jambon. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un moment profondément culturel. Et à partir du moment où l’on a partagé cela dans la journée, alors je le répète, il n’y a aucun inconvénient à ce qu’on boive un coup en ville ensuite. »
Tout juste sortis des stands de la Foire gourmande et munis d’un cornet de jambon à la main, trois jeunes Aveyronnais semblent avoir bien compris le message. « On se régale déjà, les produits sont super bons », déclare l’un d’entre eux, le morceau encore à la bouche. « On vient avant tout pour le jambon mais on finira par faire la fête je pense. » « C’est ça, un peu des deux, quoi », confirme son camarade à sa droite. « On ne retrouve plus beaucoup d’événements comme ça désormais, donc c’est important de garder cette culture et de la mettre en valeur. » Un dernier point qui met donc tout le monde d’accord et partagé par une majorité des premiers visiteurs.



