Le Wow Festival de Bordeaux : une cinquième édition engagée et élargie
Danse, humour, conférences, déambulations… Le Wow Festival lance sa cinquième édition dans l'agglomération bordelaise du 10 au 15 mars 2026. Ce rendez-vous culturel populaire, né du tissu associatif local, s'est solidement implanté dans le paysage culturel du mois de mars. Son credo fondamental : l'engagement artistique comme levier de transformation sociale.
Une évolution thématique significative
Initialement centré sur la cause féministe, le festival s'est progressivement élargi depuis 2022 pour intégrer les thématiques des identités multiples, de l'antiracisme et des luttes LGBTQIA+. Dans le contexte actuel de défense des minorités de genre, cette cinquième édition représente donc une étape importante dans l'évolution de l'événement.
Organisé dans plusieurs lieux culturels de Bordeaux et Pessac, avec son épicentre au quartier Saint-Michel à la Halle des Douves, le festival propose un mélange éclectique :
- Arts vivants
- Conférences et débats
- Concerts
- Littérature
- Déambulations artistiques
Rencontre avec Daisy Turner, fondatrice du festival
La designer bordelaise Daisy Turner, fondatrice du Wow Festival, revient sur les origines et l'évolution de l'événement. « Le festival est né en 2022 d'une idée simple : monter une exposition autour des corps des femmes avec plusieurs artistes. Le vernissage a finalement duré plusieurs jours et s'est transformé en festival. Le concept de base était de relier l'art à la cause féministe », explique-t-elle.
Concernant l'élargissement aux thématiques des minorités de genre, Daisy Turner précise : « Quand on parle de la minorité des voix des femmes, de la minorité de genre, ou encore des personnes handicapées, il s'agit de gens qui partagent le même objectif : celui d'être respectés. Le 8 mars était initialement dédié aux droits des femmes ; nous avons pris cet événement et l'avons élargi pour être plus inclusifs. »
Un festival face aux enjeux sociétaux contemporains
Face aux questions sur le risque de communautarisme, la fondatrice répond : « C'est précisément pour éviter cet écueil que nous ouvrons des voies dans le festival Wow. Au départ, nous parlions de la cause féministe parce que c'était ce que nous revendiquions à ce moment-là. D'autres voix se sont exprimées pour demander à être entendues : le but du festival est justement d'ouvrir ce champ. D'où l'idée de nous rassembler. »
Dans un contexte sociétal marqué par l'intolérance, le masculinisme et l'extrémisme, Daisy Turner insiste sur l'importance de l'humanisme : « En utilisant l'art comme moyen de sensibilisation, le spectateur partage un moment avec un public dont il n'a pas l'habitude. La programmation est volontairement large pour permettre aux publics de se croiser. Si nous restions dans une même discipline avec un même thème, cela cloisonnerait les gens. »
Une approche collaborative et inclusive
Le festival travaille activement avec le tissu associatif bordelais qui propose des activités variées. « Nous essayons de tisser des liens à travers les performances et les discussions que nous organisons tout au long du festival pour donner du sens à notre démarche. Chacun peut amener ses idées et débattre, à condition que la haine reste exclue », souligne la fondatrice.
Cette cinquième édition du Wow Festival représente donc une étape importante dans l'affirmation d'un événement culturel qui combine engagement artistique, inclusion sociale et dialogue entre différentes communautés, tout en restant ancré dans le territoire bordelais et son dynamisme associatif.



