Le troisième concert des Rencontres musicales de Nîmes, donné vendredi 28 août au Centre de congrès H2, a réservé aux mélomanes un programme d'une constante originalité, marque de fabrique du festival depuis sa création à l'été 2022. Avec onze interprètes au générique et une remarquable affluence, la soirée a confirmé le souci de curiosité et d'inédit des directeurs artistiques Alexandre Kantorow, Liya Petrova et Aurélien Pascal.
Un programme éclectique de Boccherini à Sollima
La soirée s'est ouverte avec le Quintette à cordes en ut majeur de Boccherini, offrant une atmosphère rafraîchissante. Le menu comprenait également des extraits des Quatre saisons de Vivaldi, avec une brillante démonstration de Clémence de Forceville au violon. En fin de première partie, le public a savouré une démonstration réjouissante et virtuose signée des trois violoncellistes invités : Aurélien Pascal, Edgar Moreau et Victor Julien-Laferrière.
Ils ont interprété Terra Aria/Terra Danza du compositeur contemporain sicilien Giovanni Sollima, une séquence impressionnante, pleine de plaisir, d'expression et de liberté. Trois solistes majeurs, trois personnalités différentes, trois manières de prendre et donner du bonheur en musique. Un véritable festival, comme un feu d'artifice un soir d'été.
Philippe Bernhard, le retour surprise au violon
En prélude, Philippe Bernhard, directeur du festival, a présenté avec précision l'histoire du piano au fil des siècles, gardant le secret de la surprise. Il a rappelé sa « première vie au sein du quatuor Modigliani » comme premier violon et membre fondateur, avant d'annoncer que les autres interprètes du Crisantemi de Puccini lui avaient demandé de les rejoindre. « Un retour de 10 ans en arrière », précisa-t-il, une touchante coïncidence car c'est avec cette œuvre qu'il quitta les Modigliani. Vers 22 heures, il a retrouvé archet et violon, démontrant technique et sensibilité.
Un quintette final pour éblouir
Le troisième volet du festival s'est achevé avec une pièce peu ordinaire, sans doute jamais jouée à Nîmes : le Quintette pour piano de Mario Castelnuovo-Tedesco, porté par Adam Laloum au piano, Clémence de Forceville et Charlotte Saluste-Bridoux aux violons, et Aurélien Pascal au violoncelle. Ce final illustrait idéalement l'esprit des Rencontres : traverser des territoires musicaux rarement franchis, satisfaire l'appétit de nouveauté et partager des moments mémorables.



