Une journée pascale animée par la tradition de la miquette à Frontignan
Dimanche 5 avril, la ville de Frontignan dans l'Hérault a vibré au rythme de sa célèbre tradition pascale : la miquette. Cette délicieuse viennoiserie parfumée à l'anis vert occupe une place centrale sur toutes les tables durant la semaine de Pâques dans cette cité muscatière renommée.
Les boulangeries au cœur de la célébration
Dès les premières heures de la journée, des files d'attente impressionnantes se sont formées devant les boulangeries du centre-ville. Les habitants et visiteurs ont patienté avec enthousiasme, parfois jusqu'à la fournée suivante, pour s'emparer de cette brioche pascale emblématique. L'objectif était clair : partager ce symbole gastronomique lors des déjeuners familiaux traditionnels.
Un défilé haut en couleurs et en traditions
Le club taurin Lou Senglié a organisé un magnifique défilé qui a rassemblé plusieurs associations folkloriques de la région. Le groupe Revoulun de Mauguio a impressionné le public avec ses danseuses provençales et arlésiennes, accompagnées par les mélodies envoûtantes des joueurs de fifre et de galoubet.
Le cortège comptait également la participation du Hautbois dormant de Mèze, de Jean Clopes de Marsillargues, et de Guillaume Ciancannelli, berger à Saint-Martin-de-Crau. Ce dernier avait apporté un agneau pascal né le Vendredi saint, ajoutant une dimension symbolique forte à la procession. L'attelage de Christian Dubois et son superbe cheval frison noir complétaient ce tableau traditionnel.
Des arrêts significatifs devant les boulangeries ont permis aux balètis de présenter des danses languedociennes authentiques, ravissant à la fois les habitants fiers de leur patrimoine et les visiteurs curieux de découvrir ces traditions vivantes.
Une célébration entre foi et partage communautaire
Le cortège s'est ensuite dirigé vers l'église Saint-Paul pour un moment de recueillement et de bénédiction. Pour transporter l'agneau pascal, Michel Cassagne, président du club taurin, avait fait appel au talent de Marjan Poch, ferronnier d'art frontignanais. Celui-ci a conçu un élégant campanile posé sur un charreton du XVIIIe siècle.
"Le charreton est décoré avec des herbes de la garrigue," précise Michel Cassagne, "thym, blé et autres végétaux cueillis derrière le mas du dernier berger frontignanais, Gabriel Peyrière (1892-1984). La fête de la miquette fait partie de nos traditions. Elles doivent perdurer sans prendre la poussière. Les faire évoluer, c'est aussi les faire vivre."
Frère Bruno a ensuite procédé à la bénédiction de l'agneau, des miquettes et des fidèles rassemblés en nombre pour cette célébration pascale. "La résurrection de Jésus, c'est pour le monde entier," a-t-il rappelé, invitant les différentes nationalités présentes à souhaiter "Bonnes fêtes de Pâques" dans leur langue natale.
L'assemblée a ainsi résonné de vœux en italien, portugais, sénégalais, breton, provençal, espagnol, anglais et bien d'autres langues encore, témoignant de la diversité culturelle de la communauté.
Un moment de communion prolongé sur le parvis
Après la cérémonie religieuse, les participants se sont retrouvés sur le parvis de l'église pour prolonger ce moment de partage. La convivialité était au rendez-vous autour du muscat local, tandis que les danses languedociennes et la musique des groupes présents créaient une ambiance chaleureuse et festive.
Pour les participants du défilé, la journée s'est conclue par un déjeuner convivial et musical au square de la Liberté, clôturant ainsi une célébration pascale qui a su allier traditions ancestrales et vie communautaire contemporaine.
Cette édition 2026 de la fête de la miquette à Frontignan a démontré une fois encore la vitalité des traditions provençales et leur capacité à rassembler générations et cultures autour de symboles gastronomiques et religieux partagés.



