Le festival de street art Poésie urbaine, à Grasse, investit cet été un lieu insolite et fermé au public depuis dix ans : le toit terrasse Martelly. Du 1er juillet au 31 août, ce parking du centre historique se transforme en un musée à ciel ouvert, gratuit, où une douzaine de graffeurs ont réalisé des œuvres monumentales visibles du ciel.
Un lieu interdit d'accès depuis dix ans
Après avoir investi l'ex-garage Rolland lors de sa première édition (attirant 3 000 visiteurs), le festival Poésie urbaine a choisi pour sa troisième édition un endroit jusqu'alors inaccessible : le toit Martelly. Co-organisé par Pascal Langlais et le graffeur Nasty, l'événement propose une expérience immersive où les visiteurs peuvent déambuler parmi des fresques colorées. « L'idée est que les gens se réapproprient cette terrasse, et transformer ce lieu en musée à ciel ouvert, une source d'évasion pour tous », explique Pascal Langlais.
Des œuvres géantes et une piscine de couleurs
L'aventure commence par un large escalier noir et blanc, œuvre de l'Atlas, qui mène à la terrasse. Le sol, autrefois gris et bétonné, a été peint d'un bleu azur évoquant une piscine géante. Les anciens bassins de fontaines désaffectées ont été investis par l'imaginaire des artistes. Parmi les œuvres : une fleur géante orangée du Marseillais Nerone, un carré bleu de Klein zébré d'or de Nicolas Bianco, une créature mi-panthère mi-femme de Menace, un mandala saumon de 2Flui (Cergy), et une tubéreuse réinterprétée par la Grassoise Margot Margay. Pascal Langlais a également intégré des boules à facettes récupérées, tandis que Laurent-Emmanuel Briffaut a imaginé une mer métallique ondulante.
Un festival qui valorise le graffiti authentique
« La volonté est d'avoir des artistes issus du graffiti qui ont fait leur apprentissage dans la rue de façon désintégrée et qui ont trouvé une ligne artistique particulière », précise Nasty, qui a peint le visage emblématique d'Esmeralda (du dessin animé Albator). Les artistes ont travaillé sur place une dizaine de jours, une contrainte technique car peindre au sol est plus complexe que sur un mur.
Un espace de détente et de rêve
Pour rendre l'expérience agréable, la Ville de Grasse installe des chaises longues offrant une vue panoramique, une table de ping-pong pour les adolescents et une marelle géante peinte par les enfants du centre de loisirs d'Harpèges. « L'idée est de créer un musée à ciel ouvert pour tous, une source d'évasion où chacun peut venir faire une pause, se promener, rêver », conclut Pascal Langlais. Une manière décalée et dynamique de redécouvrir le patrimoine grassois.



