La Feria de Séville 2025 : Un renouveau sous le signe de Morante de la Puebla
La Feria d'avril à Séville, qui se déroulera du 14 au 26 avril 2025, s'annonce comme un événement majeur de la saison taurine avec pas moins de douze corridas au programme, incluant une novillada et une corrida de rejones. Cette édition est déjà marquée par un vent de changement, tant dans son organisation que sur la piste des arènes de la Maestranza.
Une révolution à la tête des arènes
Pour la première fois depuis quatre-vingt-treize ans, la gestion des arènes de la Maestranza change de mains. José María Garzón succède à l'entreprise Pagés, qui dirigeait les lieux depuis trois générations. Ce véritable « révolution de palais » a déjà eu des conséquences significatives sur la programmation de la feria.
L'un des premiers actes forts de Garzón a été de convaincre Morante de la Puebla de revenir sur sa décision de prendre sa retraite, annoncée de manière surprenante le 12 octobre dernier à Madrid. Le torero andalou s'affichera ainsi au moins quatre fois durant cette feria, marquant un retour très attendu par l'aficion.
Le retour triomphal de Morante
Le ton de cette feria a été donné dès la corrida du dimanche de Pâques, où Morante de la Puebla a fait sa reprise d'activité aux côtés de Roca Rey et David de Miranda. Malgré des débuts hésitants face à son premier adversaire, le torero de La Puebla a rapidement retrouvé sa magie caractéristique.
« Semblant abandonner son corps, capable d'attendre un toro qui s'arrête soudain dans sa cape, ne décomposant jamais le geste, marchant avec le fauve comme on marche sur l'eau », Morante a une nouvelle fois démontré son art unique. Sa performance lui a valu deux oreilles, contre une pour chacun de ses concurrents, marquant d'emblée cette feria de son sceau indélébile.
Des cartels qui font déjà salle comble
Les deux corridas signées par Morante pour cette édition ont été les premières à afficher complet. Le jeudi 16 avril, il alternera avec son principal rival artistique Juan Ortega et le triomphateur de l'an dernier à Madrid, Victor Hernández, devant des toros de l'élevage d'Álvaro Núñez.
Le lundi 20 avril, jour traditionnel du « lunes del pescaíto » qui marque le début des Farolillos, Morante ouvrira le cartel aux nouvelles valeurs Borja Jiménez et Tomás Rufo. Roca Rey quant à lui reviendra à la Maestranza le vendredi 17 avec Talavante et Aguado, puis le jeudi 23 avec Manzanares et Zulueta.
Les autres attractions de la feria
En l'absence de Sébastien Castella, l'une des autres attractions majeures sera Daniel Luque, récemment vu à son meilleur niveau à Castellón et Arles. L'enfant de Gerena alternera le mardi 21 avec Manzanares et Talavante devant des Cuvillo, puis le vendredi 24 avec des Juan Pedro en compagnie de Juan Ortega et Aguado.
Parmi les élevages à suivre particulièrement, on notera les Santiago Domecq du mercredi 15 avec Perera, Galván et Palacio, ainsi que les Victorino du samedi 18 qui se répartiront en « mano a mano » entre Escribano et Borja Jiménez - un cartel ayant provoqué une forte demande de places.
Programme complet des corridas
- 14 avril : Emiliano Osornio, Tomás Bastos, Julio Norte (novillos Talavante)
- 15 avril : Miguel Ángel Perera, David Galván, Aarón Palacio (Santiago Domecq)
- 16 avril : Morante, Juan Ortega, Victor Hernández (Álvaro Núñez)
- 17 avril : Talavante, Roca Rey, Aguado (Domingo Hernández)
- 18 avril : Manuel Escribano, Borja Jiménez (Victorino)
- 19 avril : Cartagena, Léa Vicens, Guillermo Hermoso (rejones)
- 20 avril : Morante, Borja Jiménez, Tomás Rufo (García Jiménez)
- 21 avril : Manzanares, Talavante, Luque (Cuvillo)
- 22 avril : Urdiales, Emilio de Justo, David de Miranda (El Parralejo)
- 23 avril : Manzanares, Roca Rey, Javier Zulueta (Victoriano del Río)
- 24 avril : Luque, Ortega, Aguado (Juan Pedro)
- 25 avril : El Cid, Fortes, José Garrido (La Quinta)
- 26 avril : Manuel Escribano, Pepe Moral, Román (Miura)
Cette Feria de Séville 2025 s'annonce donc comme une édition du renouveau, où Morante de la Puebla semble être le seul capable de véritablement surprendre, tandis que les autres vedettes se cantonnent aux cartels et élevages les plus conformistes. Une question demeure : la magie de Morante suffira-t-elle à insuffler un véritable renouveau à la tauromachie sévillane ?



