Escale à Sète 2026 : la cantine du festival, une ruche où 20 000 repas sont servis en une semaine
Sous le grand chapiteau dressé au quai du Maroc à Sète, la cantine d'Escale à Sète 2026 bat son plein avec une intensité remarquable. Cette ruche gastronomique, véritable cœur battant du festival, sert pas moins de 20 000 repas en seulement sept jours, accueillant jusqu'à mille convives à chaque service. Une performance collective impressionnante rendue possible par une armée de bénévoles dévoués et une organisation millimétrée.
Une ambiance électrique sous le chapiteau
"Neuf personnes ? Venez, suivez-moi." À l'entrée de l'immense chapiteau, "Gégé", le placier affublé de son gilet rose de "super placier", orchestre le flux continu des festivaliers. Sous cette structure temporaire se croisent tous les acteurs d'Escale à Sète : marins, musiciens, partenaires et bénévoles, tous unis par la même faim et la même envie de partage.
"C'est un endroit un peu fou, on y croise tout Escale à Sète !", résume Annick Artaud, vice-présidente du festival et cheffe d'orchestre de cette grande chorégraphie conviviale. "Ici, ça danse, ça chante. Le soir, c'est la folie. On vient pour l'ambiance." Les longues tables disposées sous le chapiteau créent un espace de rencontre unique où les conversations fusent entre les services.
L'engagement infatigable des bénévoles
Au centre de cette fourmilière humaine, les bénévoles de l'association Cettarame assurent le bon déroulement des opérations. Habillés de leurs gilets fluo, ils enchaînent les allers-retours entre la cuisine et les tables sans compter leurs efforts. "On a calculé, hier on a fait 10 km à pied", confie une bénévole souriante, son plateau à la main. "Ça demande beaucoup d'énergie, mais c'est d'abord un plaisir de rendre service et de participer à cette grande fête."
Parmi eux, Marie découvre le service pour la première fois. Cette agent de la fonction publique apprend sur le tas avec enthousiasme : "Je suis en découverte, rigole-t-elle. On fait le service, on place les gens, on demande si des personnes sont végétariennes… En réalité, on est assez vite à l'aise !" Comme elle, une centaine de bénévoles se relayent midi et soir pendant toute la durée du festival.
Des fidèles au poste depuis seize ans
Certains bénévoles sont des piliers historiques de la cantine. Marie-Françoise, présente depuis le lancement du festival il y a seize ans, officie à l'accueil avec une énergie communicative. "J'ai été aux parkings, aux navettes… Mais ce que je préfère, c'est quand même d'être ici, à la cantine !", confie-t-elle en riant. Elle se qualifie elle-même de "gueuleuse" du groupe, prête à tenir tête aux marins costauds qui tenteraient d'entrer sans ticket.
Le système fonctionne comme une horloge suisse : "Doudou" gère le plan de tables, Colette et Marie-Françoise accueillent les convives, et Gégé les place stratégiquement. Une organisation rodée par les années d'expérience.
Les fourneaux et la logistique monumentale
Derrière cette effervescence se cache un défi logistique de taille : préparer 20 000 repas en sept jours. La traiteur sétoise Solange, surnommée "Soso", relève le défi avec brio. "Ce n'est pas si compliqué, c'est comme faire à manger pour dix personnes, et vous multipliez", explique-t-elle avec simplicité. "Dans le fond, tout est une question d'organisation. Si vous avez les bonnes personnes aux bons endroits, ça roule !"
Les menus, conçus pour coller au ventre des festivaliers, alternent entre couscous, rouille de seiche, macaronade, poisson et aiguillette de poulet-frites. Le jour de la visite, les convives ont pu déguster seiche panée, accras de morue et riz pilaf, mitonnés sur place face à la Méditerranée.
Mais derrière ces plats alléchants se cache un travail colossal. "C'est moins drôle quand il faut éplucher 100 kg de carottes ou de pomme de terre", souffle Annick Artaud avec un sourire complice. Malgré la fatigue, l'équipe ne lâche rien : il ne reste plus que deux jours de service avant la fin du festival.
La cantine d'Escale à Sète 2026 incarne ainsi l'esprit du festival : générosité, partage et solidarité. Entre les kilomètres parcourus par les bénévoles, les tonnes de légumes épluchés et les milliers d'assiettes servies, cette ruche gastronomique démontre qu'avec une bonne organisation et beaucoup de cœur, nourrir toute une communauté festive est non seulement possible, mais devient une expérience humaine inoubliable.



