Pour son inauguration, la galerie Avenue 42, nouvel espace d'exposition à Nîmes, mise sur le dialogue entre la matière et les textures. Jean Denant y confronte la brutalité des matériaux à la délicatesse du rendu final.
Une nouvelle galerie à Nîmes
À seulement 24 ans, Juliette Rostagno a ouvert une galerie d'art entre la Placette et le Jean-Jaurès. Dans cet espace lumineux et accueillant, elle présente depuis début juin sa première exposition, intitulée "Text. Ures". Le projet rassemble une sélection d'artistes aux techniques et supports singuliers, reflétant l'éclectisme aventureux de la jeune galeriste.
Jean Denant, figure centrale
L'exposition s'ouvre avec Jean Denant. "C'est lui qui m'a inspirée l'exposition, car il aime travailler des matières hors du commun", confie Juliette Rostagno. Dans le contreplaqué, il creuse, grave et sculpte pour faire émerger un paysage forestier. À la manière d'un tableau impressionniste, l'image se dissipe selon la distance. Avec un mélange de brique et de béton, il peint des bouquets, créant un constant dialogue entre la rudesse des matériaux et la finesse du résultat.
Des artistes aux horizons variés
Autour de lui, Juliette Rostagno a réuni des créateurs de divers horizons. Olivier Bottin, architecte de formation, sculpte dans le carton des variations abstraites évoquant des traces de pas dans le sable. Ses dessins jouent avec la géométrie pour produire d'étranges cartographies colorées, où les détails s'accumulent, à l'image des sculptures de Franck Célaire. Ce dernier peint et dessine sur des formes de taureaux, mêlant imaginaire pop et allusions à la figuration libre. Ses œuvres, plus que des sculptures, s'apparentent à des peintures en volume.
Jean-Claude Quivogne affectionne également l'esthétique pop. Sur des supports en forme de timbre, de lame de rasoir ou de pièces de puzzle, il peint des images à l'impact visuel direct, renforcé par l'usage de la résine. Le photographe Arthur Astier, quant à lui, s'éloigne des prises de vue classiques par des manipulations numériques, transformations et superpositions. Le résultat, énigmatique et mystérieux, frôle l'abstraction avec des lumières étranges, à la fois nocturnes et ensoleillées.
Un hommage à la tradition picturale
Enfin, Joseph Franceli, plus classique dans sa technique, est un disciple du groupe Montpellier Sète, disparu en 2020. Sa peinture conserve une puissance impressionnante, nourrie par l'héritage des fauves et des expressionnistes. Qu'il s'agisse de scènes de café ou de ports, l'artiste maçonne ses toiles avec une densité rare, réduisant sa palette à quelques couleurs tranchantes, avec une sincérité crue et désarmante.
Informations pratiques
L'exposition "Text. Ures" se tient jusqu'au 7 juillet. Ouverture du mardi au samedi, de 10h à 13h et de 15h à 18h30. Galerie Avenue 42, 42 rue Delon-Soubeyran, Nîmes. Entrée libre. Renseignements sur galerieavenue42.com.



