Expos des Alpes-Maritimes à voir après l'été : Matisse, Mafalda, Africa Pop
Expos des Alpes-Maritimes à voir après l'été

Plusieurs expositions lancées ces derniers mois dans les Alpes-Maritimes restent visibles à la rentrée. Cinq d'entre elles, à Antibes, Nice et Mougins, offrent une diversité de styles : du dessin de presse argentin à la haute couture, en passant par la photographie documentaire et le textile africain. Voici le détail de ces rendez-vous culturels à ne pas manquer.

Quino au Musée Peynet d'Antibes : le père de Mafalda à l'honneur

Jusqu'au 20 septembre, le Musée Peynet d'Antibes consacre une rétrospective d'une centaine d'œuvres à Quino, de son vrai nom Joaquin Salvador Lavado Tejon. Le dessinateur argentin, disparu en 2020 à l'âge de 88 ans, est mondialement connu comme le créateur de Mafalda, l'éternelle héroïne de bande dessinée. Il se décrivait lui-même comme « un pessimiste qui a, malgré tout, l'illusion que son travail peut faire changer les choses ».

L'équipe du musée a souhaité mettre en avant l'aspect « complet, brillant, piquant, universel » de son travail. L'exposition éclaire également sur l'intégralité de son œuvre, au-delà de Mafalda, notamment ses scènes de la vie conjugale, souvent sinistres et tournées en dérision, inspirées de son environnement contestataire.

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Michel Verjux au Musée Picasso d'Antibes : la lumière comme matière

Au Musée Picasso d'Antibes, installé dans l'enceinte du Château Grimaldi, l'exposition « Michel Verjux, Voiles, découpes, traverses » se poursuit jusqu'au 27 septembre. L'artiste y présente une œuvre minimale et poétique, composée de projecteurs à découpe dénudés qui projettent des formes géométriques élémentaires (cercles, carrés, ellipses) sur les murs du château. De nuit, une spectaculaire illumination est visible depuis les remparts ou le Cap d'Antibes : une demi-lune se reflétant sur la tour du Château Grimaldi.

Cette exposition temporaire, qui réinvente l'intérieur et l'extérieur du musée, est à découvrir en ce moment selon le site officiel de la ville d'Antibes.

Matisse et Saint Laurent au Musée Matisse de Nice : un dialogue inédit

Au Musée Matisse de Nice, l'exposition « Henri Matisse - Yves Saint Laurent. Le beau, la mode et le bonheur » se tient jusqu'au 28 septembre. Bien que les deux artistes ne se soient jamais rencontrés ni collaborés, la mise en relation de 160 œuvres et créations de haute couture forme un dialogue fascinant entre le peintre et le couturier. Selon Aymeric Jeudy, directeur du musée niçois, l'objectif était de « montrer un Saint Laurent dessinateur plus que couturier, et un Matisse presque couturier ».

L'exposition réunit des robes de haute couture, des croquis, des fiches d'atelier, des photographies et des archives, ainsi que des tableaux de Matisse issus de musées et de collections du monde entier. Certains de ces tableaux, peints sur la Côte d'Azur, n'étaient jamais revenus depuis leur départ.

Africa Pop au Musée d'art naïf de Nice : le wax comme fil conducteur

Le Musée d'art naïf Anatole Jakovsky de Nice présente « Africa Pop » jusqu'au 18 octobre. L'exposition, conçue par Anne Grosfilley, anthropologue spécialiste du textile, et Claude Boli, docteur en histoire et sociologie, du collectif 2e Arrêt, vise à « présenter l'Afrique dans sa diversité, du Maghreb à l'Afrique du Sud, pour montrer ce qui nous unit ». Elle tourne autour d'une étoffe centrale : le wax, un tissu de luxe créé en Europe il y a plus de 130 ans et qui a conquis les marchés africains.

L'accrochage interroge l'espace, les étoiles, la musique, les modes de consommation et la frontière entre art et artisanat. Jusqu'au 20 septembre, sur réservation, il est possible de découvrir les appartements privés des anciens conservateurs du musée, notamment la chambre Africa Erotica avec ses parfums d'encens, ses bétios (pagnes de séduction), une écorce battue de Côte d'Ivoire et des perles ghanéennes fondues à partir de bouteilles de Guinness.

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Bertien van Manen au Centre de la photographie de Mougins : les échos de l'ordinaire

Le Centre de la photographie de Mougins accueille jusqu'au 4 octobre la rétrospective « Bertie Van Manen : Les échos de l'ordinaire ». Présentée dans le cadre du réseau Grand Arles Express, en lien avec les Rencontres de la photographie d'Arles, cette exposition est la première rétrospective française de l'artiste néerlandaise Bertien van Manen (1935-2024). Après une carrière de mannequin puis de photographe pour des magazines de mode, elle a adopté une approche différente, prenant le temps de regarder le monde à travers son objectif 35 mm.

Ses sujets de prédilection incluent les communautés minières des Appalaches aux États-Unis (30 ans de travail à leurs côtés), les mouvements sociaux dans le Yorkshire à la fin des années 1970, et les appartements de l'ère post-soviétique, arpentés entre 1991 et 2009. Ces œuvres témoignent de son regard sur l'ordinaire et les transformations sociales.