Pas un jour sans que nous arrive au journal un livre qui parle de l’intelligence artificielle. C’est LE sujet éditorial du moment (enfin, ça fait bien deux ans que ça dure, et ce n’est pas parti pour s’arrêter). L’encombrement est légitime, tant les enjeux sont énormes et multisectoriels. On peut être économiste et vouloir écrire sur l’IA et le travail. On peut être philosophe et vouloir écrire sur la nature de ces nouvelles entités qui peuplent nos vies. On peut être écrivain.e et raconter ce que ça fait à la langue. On peut être sociologue et analyser comment les machines reconfigurent nos émotions, etc.
Un problème de fond
Sauf qu’il y a un problème : à la louche, 90 % de ces ouvrages s’effraient de l’arrivée de l’IA dans nos vies et spéculent désespérément sur ses conséquences. Encore une fois, ce n’est pas complètement illégitime : il y a de quoi flipper. Par ailleurs, il est nécessaire de contrer les discours trop enthousiastes des technophiles. Mais cette unanimité dans l’alarmisme finit par être contre-productive. Elle crée une lassitude chez le lecteur, qui a l’impression de lire toujours la même chose. Les nuances disparaissent, les angles originaux se font rares.
Un appel à la diversité
Ce billet n’est pas un plaidoyer pour l’optimisme béat, mais pour la diversité des regards. L’IA mérite mieux que des livres qui se contentent de répéter les mêmes peurs. Il y a des questions passionnantes à explorer : comment l’IA transforme-t-elle la création artistique ? Quels sont les nouveaux modèles économiques qu’elle permet ? Comment les sociétés non occidentales l’appréhendent-elles ? Autant de sujets qui restent trop souvent dans l’ombre. Alors, éditeurs, auteurs, un peu d’audace, s’il vous plaît !



