Gisèle Pelicot résiste malgré un marché du livre en berne, les regards se tournent vers mars
Livre : Pelicot résiste, les regards vers les best-sellers de mars

Le marché du livre en difficulté : Gisèle Pelicot maintient le cap

Dans un contexte de marché éditorial particulièrement morose, les espoirs reposaient largement sur Gisèle Pelicot et son ouvrage Et la joie de vivre, publié aux éditions Flammarion. Les premières ventes ont semblé confirmer cet optimisme avec un démarrage remarquable à 63 000 exemplaires lors de la première semaine. Cependant, la dynamique s'est essoufflée par la suite, avec une deuxième semaine à 40 000 exemplaires, puis une troisième à seulement 20 000 exemplaires.

Malgré cette courbe descendante prononcée, les projections indiquent que l'œuvre devrait malgré tout franchir le cap symbolique des 150 000 exemplaires vendus. Une performance honorable, mais qui ne suffit pas à redynamiser significativement le secteur.

L'attention médiatique se déplace déjà vers les prochaines parutions

Comme souvent dans le milieu de l'édition, l'intérêt des observateurs est volatile. Ils abandonnent déjà l'actualité de Gisèle Pelicot pour se focaliser sur les potentiels best-sellers annoncés pour le mois de mars. Un soulagement notable pour les maisons d'édition Calmann-Lévy et Hugo Publishing, qui peuvent compter sur la présence confirmée de deux auteurs à forte notoriété : Guillaume Musso avec Le Crime du paradis et Morgane Moncomble avec La Révolte de la Reine.

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Ce dernier ouvrage mérite une attention particulière. Après le succès retentissant de sa saga en quatre volumes Seasons, Morgane Moncomble opère un virage vers le roman historique avec une trilogie intitulée Inheritance, dont La Révolte de la Reine constitue le premier tome.

Morgane Moncomble réinvente Versailles dans une uchronie audacieuse

L'intrigue se déroule à Versailles en 1788, dans un contexte de révolte populaire montante et de cabales empoisonnant la cour. L'originalité majeure réside dans le fait que le roi et la reine ne sont pas Louis XVI et Marie-Antoinette, mais Alexandre d'Arc du Lys et Acacia. Sous les apparences d'une romance de type « ennemis à amants », l'autrice dissimule en réalité une uchronie ambitieuse.

Morgane Moncomble réécrit complètement les faits historiques, intervertissant dates, lieux et événements clés, créant ainsi une série de surprises narratives dont il est difficile de dévoiler davantage sans spoiler. On peut s'interroger sur ce qu'en auraient pensé des historiens comme Tocqueville ou François Furet, mais une chose est certaine : les fans de l'autrice sont déjà conquis.

Marie-Antoinette : une muse littéraire intemporelle

Sans nécessairement remonter aux frères Goncourt et leur Histoire de Marie-Antoinette ou à Léon Bloy et son chef-d'œuvre oublié La Chevalière de la mort, « l'Autrichienne » a toujours inspiré des écrivains aux profils très variés. En se concentrant sur les succès commerciaux, l'exemple le plus marquant reste la biographie que lui a consacrée André Castelot en 1953.

Cet ouvrage s'est écoulé à plus d'un million d'exemplaires en France et à 450 000 exemplaires aux États-Unis. Une autre époque, où les droits d'auteur ont permis à Castelot d'acquérir un vaste appartement avenue Foch à Paris et une résidence secondaire à Port-Mort en Normandie – propriété qui sera plus tard celle de la romancière à succès Françoise Bourdin.

Réactualisée par le film de Sofia Coppola en 2006, l'épouse malheureuse de Louis XVI demeure-t-elle une icône littéraire absolument inoxydable ? La question reste ouverte, mais son pouvoir d'attraction sur les auteurs et les lecteurs ne semble pas prêt de s'éteindre.

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