Dans « Le Sixième Sens », JR dos Santos propose un LSD sans effet
« Le Sixième Sens » : un LSD sans effet

Le nouveau roman de JR dos Santos, « Le Sixième Sens », promettait une plongée dans les méandres de la perception humaine, avec le LSD comme fil conducteur. Malheureusement, le résultat est à l'image d'un voyage sans substance : plat et décevant.

Un sujet prometteur, une exécution laborieuse

L'auteur brésilien, connu pour ses thrillers scientifiques, s'attaque ici à la psychédélique. Il imagine un chercheur qui découvre une molécule capable de décupler les sens, une sorte de sixième sens. Mais là où l'on attendait une exploration fascinante des états modifiés de conscience, on se retrouve avec un récit mécanique, sans âme.

Le personnage principal, le Dr. Miguel, est un scientifique brillant mais terne. Sa quête pour comprendre les effets de la molécule sur le cerveau humain manque de passion. Les descriptions des expériences psychédéliques sont stéréotypées et manquent de la poésie ou de l'étrangeté qui caractérisent ce type de littérature. On pense à Aldous Huxley ou à Philip K. Dick, mais dos Santos reste en surface.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Un roman qui se prend trop au sérieux

« Le Sixième Sens » souffre d'un excès de sérieux. Dos Santos tente d'intégrer des notions de neurosciences et de philosophie, mais le tout sonne faux, comme un cours magistral mal digéré. Les dialogues sont artificiels, les rebondissements prévisibles. On a l'impression que l'auteur a voulu faire un roman « intelligent » sans y mettre les émotions nécessaires.

Le rythme est inégal : de longues pages d'exposés scientifiques succèdent à des scènes d'action bâclées. Le lecteur peine à s'attacher aux personnages, qui restent des archétypes sans profondeur. La romance entre Miguel et une collègue est insipide, ajoutant une couche de mélodrame inutile.

Un LSD sans effets, un roman sans saveur

Le titre fait référence à un sixième sens, mais le roman n'en possède aucun. Il manque de cette étincelle qui fait vibrer le lecteur. Dos Santos maîtrise son sujet sur le plan théorique, mais échoue à le rendre vivant. On referme le livre avec un sentiment d'inachevé, comme si l'auteur avait peur de lâcher prise.

En somme, « Le Sixième Sens » est une déception pour les amateurs de littérature psychédélique. Ceux qui cherchent un thriller scientifique haletant seront aussi déçus. Le roman n'est pas mauvais en soi, mais il est terriblement ennuyeux. Dommage, car le potentiel était là.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale