Gisèle Pélicot sera ce mercredi 27 mai à La Rochelle, et c’est un événement exceptionnel, voire historique. Celle qu’on ne présente plus, dont le simple patronyme évoque le « procès de Mazan » et les viols que son mari lui a fait subir pendant près de dix ans en la soumettant chimiquement à des dizaines d’inconnus, vient présenter son livre « Et la joie de vivre », récit bouleversant et majeur, co-écrit avec la journaliste et romancière Judith Perrignon.
Un livre au succès retentissant
Depuis la sortie du livre, vendu à plus de 100 000 exemplaires, Gisèle Pélicot a été reçue par la reine d’Angleterre et le Premier ministre espagnol, mais ses sorties en France ont été rarissimes. Elles se comptent sur les doigts d’une main : le salon du livre de Paris, la librairie Sur la place à Nancy, chez Mollat à Bordeaux. Sa quatrième et dernière date s’arrêtera donc mercredi à la librairie Les Saisons, bien connue des lecteurs rochelais.
Une invitation de dernière minute
Installée depuis quelques années sur l’île de Ré, endroit très symbolique d’où elle s’est préparée pour le procès de Mazan et d’où elle a pris la décision qui transformera sa vie, à savoir celle de lever le huis clos pour « que la honte change de camp » selon ses mots, elle viendra en voisine. Mais ce n’est pas une simple question de géographie qui explique sa visite sur le continent. On doit l’événement à Pascal Pradon.
C’est en réaction au déferlement de haine et de commentaires suscités à chacune des apparitions de celle qui est devenue un peu malgré elle une icône féministe, que le patron des Saisons a tenté sa chance auprès de sa maison d’édition, en décembre dernier. « J’ai écrit à Flammarion parce que nous entretenons depuis longtemps de bonnes relations. Je leur ai proposé des gages et un environnement pour qu’elle se sente en sécurité », raconte le libraire indépendant. Soit une jauge limitée à 80 personnes, une salle peu visible, un public filtré… La réponse de Flammarion a été très rapide. C’était oui.
Un dispositif de sécurité discret
Il y a deux semaines, l’équipe des Saisons a ouvert sur les réseaux sociaux les inscriptions. Pour avoir le droit de décrocher un ticket d’entrée, il fallait se présenter physiquement à la librairie le jour même. En deux jours, toutes les places ont été prises. Les volontaires sont en grande majorité des femmes, des très jeunes et des dames approchant l’âge de Gisèle Pélicot, esquisse le libraire.
Contrairement à Bordeaux où quatre CRS avaient été postés à l’entrée de la librairie, aucun dispositif de sécurité n’est prévu à La Rochelle, même si les services de l’État ont été avisés d’un tel déplacement, confirme-t-on à la préfecture de Charente-Maritime. Chez Mollat, la directrice générale de Flammarion, Sophie de Closets, avait fait le déplacement et assuré la modération. Il y aura visiblement moins de pression à la Rochelle. Le libraire animera la rencontre, dans une salle du tiers-lieu Les Cabanes urbaines. Il lui reste encore quelques heures pour peaufiner son texte de présentation et les questions qu’il adressera à son invitée. Après l’échange, Gisèle Pélicot - sans Judith Perrignon - se prêtera à l’exercice de la dédicace.



